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Aidant familial : aides de la CAF et conditions

Aidant familial et aides de la CAF : AJPA, conditions, montants indicatifs et démarches. Découvrez les allocations mobilisables et comment les demander.

Par La rédaction Retraite France, Équipe éditorialeMis à jour le 16 septembre 202610 min de lecture
Aidant familial : aides de la CAF et conditions

Un aidant familial peut, sous conditions, percevoir l'AJPA (allocation journalière du proche aidant) versée par la CAF ou la MSA lorsqu'il réduit ou suspend son activité pour accompagner un proche en perte d'autonomie. Son montant est indicatif (environ 64 € par jour en 2024, à vérifier auprès de votre caisse), et elle est plafonnée à 22 jours par mois et 66 jours sur toute la carrière. Mais la CAF n'est qu'une porte d'entrée parmi d'autres : selon la situation, l'aidant peut aussi être dédommagé via l'APA ou la PCH de la personne aidée, valider des trimestres de retraite, ou mobiliser des solutions de répit. Voici un tour d'horizon concret des aides mobilisables et de leurs conditions.

Qui est considéré comme « aidant familial » ?

Un aidant familial est une personne qui vient en aide, de manière régulière et non professionnelle, à un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie liée à l'âge ou à la maladie. Il peut s'agir d'un conjoint, d'un enfant, d'un parent, d'un frère ou d'une sœur, mais aussi, dans certains dispositifs, d'un proche sans lien de parenté vivant en relation étroite et stable avec la personne.

Cette notion recouvre des réalités très variées : aider aux repas, à la toilette, aux déplacements, gérer les rendez-vous médicaux, les démarches administratives ou simplement assurer une présence rassurante. Ce rôle, souvent invisible, ouvre pourtant des droits. Pour bien comprendre l'ensemble du cadre, consultez notre dossier sur les droits de l'aidant familial.

Selon la plateforme officielle pour les personnes âgées, plus de huit millions de personnes en France seraient aidantes. La reconnaissance de leur statut s'est progressivement structurée, notamment avec la création du congé de proche aidant et de l'AJPA.

L'AJPA : la principale aide « CAF » de l'aidant

L'allocation journalière du proche aidant (AJPA) est l'aide la plus directement liée à la CAF. Elle vise à compenser, en partie, la perte de revenus d'un aidant qui prend un congé de proche aidant pour s'occuper d'une personne dépendante.

Selon les informations publiées par Service-Public.fr, les montants indicatifs sont les suivants (à confirmer auprès de votre caisse, car ils sont réévalués) :

ÉlémentRepère indicatif (à vérifier)
Montant par journée~64,54 €
Montant par demi-journée~32,27 €
Plafond mensuel22 jours indemnisés
Plafond sur la carrière66 jours au total
Organisme payeurCAF ou MSA

Les principales conditions à remplir sont, en général :

  • aider un proche présentant un handicap ou une perte d'autonomie d'une gravité suffisante (souvent un GIR 1 à 3 pour les personnes âgées, ou un taux d'incapacité d'au moins 80 % pour le handicap) ;
  • avoir un lien reconnu avec la personne aidée (parenté, alliance ou lien étroit et stable) ;
  • réduire ou suspendre son activité professionnelle dans le cadre du congé de proche aidant, ou être demandeur d'emploi indemnisé, étudiant, etc., selon les cas.

À noter : l'AJPA n'est pas soumise à condition de ressources, mais elle est plafonnée en durée. Elle ne remplace pas un salaire à taux plein. Pour estimer votre niveau de dépendance concerné, l'outil calculateur GIR peut vous donner un repère, sachant que l'évaluation officielle relève d'une équipe médico-sociale.

Les autres allocations et dispositifs à connaître

La CAF gère aussi d'autres prestations qui peuvent concerner indirectement un aidant, notamment :

  • l'AJPP (allocation journalière de présence parentale), destinée aux parents qui suspendent leur activité pour un enfant gravement malade ou handicapé ;
  • l'AEEH (allocation d'éducation de l'enfant handicapé), pour les familles d'un enfant en situation de handicap.

Mais pour un aidant de personne âgée, les dispositifs les plus importants ne relèvent pas seulement de la CAF :

  • l'APA (allocation personnalisée d'autonomie), versée par le conseil départemental à la personne âgée en GIR 1 à 4, peut financer une aide à domicile ou, dans certains cas, dédommager un proche ;
  • la PCH (prestation de compensation du handicap), qui peut permettre de salarier ou dédommager un aidant, y compris familial dans certaines limites ;
  • le dédommagement de l'aidant, prévu par ces dispositifs, à distinguer du salariat.

Pour comprendre comment un aidant peut être rémunéré ou dédommagé, consultez notre page dédiée au salaire et à la retraite de l'aidant familial et le dossier sur la prestation de compensation du handicap.

Aidant salarié ou dédommagé : quelles différences ?

Beaucoup d'aidants se demandent s'ils peuvent être « payés » pour l'aide apportée. La réponse dépend du dispositif et du lien de parenté :

SituationCadre possiblePoints de vigilance
Aidant salarié via l'APARare, encadréLe conjoint/concubin ne peut généralement pas être salarié via l'APA
Aidant dédommagé via la PCHPossibleMontant forfaitaire, régime fiscal spécifique
Aidant salarié via la PCHPossible sauf conjoint (sauf exceptions)Contrat de travail, déclaration URSSAF
Congé de proche aidant + AJPAEmployeur privé/publicDurée limitée, accord de l'employeur

Le dédommagement de l'aidant via la PCH est un revenu à déclarer, avec des règles fiscales particulières. Si l'aidant devient employeur ou salarié, la déclaration peut passer par le dispositif CESU de l'URSSAF. Chaque montage a des conséquences sur les impôts, la protection sociale et la retraite : il est vivement conseillé de vérifier auprès du conseil départemental et de la CAF avant de vous engager.

Retraite de l'aidant : ne pas perdre ses droits

Réduire son activité pour aider un proche peut peser sur la future retraite. Heureusement, des mécanismes existent pour limiter cette perte, sous conditions :

  • l'assurance vieillesse des aidants (AVA), qui a succédé à l'AVPF pour certains aidants, permet de valider des trimestres de retraite sans cotiser, si les ressources et la situation le justifient ;
  • la majoration de durée d'assurance peut, dans certains cas, être accordée aux aidants d'une personne lourdement handicapée.

Ces droits sont gérés en lien avec la CAF (qui transmet certaines informations) et l'Assurance retraite. Pour approfondir, consultez nos pages sur l'aidant familial et la retraite. L'idée essentielle : ne pas rester seul(e) avec ces questions, car un trimestre non validé aujourd'hui peut peser demain.

Le droit au répit : souffler sans culpabiliser

Aider un proche au quotidien est épuisant. Le droit au répit, financé notamment via l'APA, permet de dégager un budget (montant indicatif de plusieurs centaines d'euros par an, à vérifier) pour financer un accueil de jour, un hébergement temporaire ou une aide à domicile renforcée pendant que l'aidant se repose.

Parmi les solutions concrètes :

  • l'accueil de jour en établissement, quelques jours par semaine ;
  • l'hébergement temporaire en EHPAD, utile après une hospitalisation ou pendant vos congés ;
  • le baluchonnage, où un professionnel prend le relais à domicile sur plusieurs jours.

Pour comprendre ces dispositifs, lisez notre article sur le baluchonnage et le relais de l'aidant. Et si la situation évolue vers un besoin d'hébergement durable, notre service trouver une place vous aide à identifier des solutions adaptées près de chez vous.

Exemples concrets : ce que cela représente

Rien ne vaut des cas chiffrés pour se projeter (montants indicatifs, à vérifier).

Cas 1 — Marie, 52 ans, salariée, aide sa mère en GIR 2. Elle prend un congé de proche aidant de 15 jours pour gérer une sortie d'hospitalisation. Avec l'AJPA à ~64,54 €/jour, elle perçoit environ 968 € pour ces 15 jours, ce qui atténue la perte de salaire sans la couvrir intégralement.

Cas 2 — Ahmed, 60 ans, aide son épouse handicapée bénéficiaire de la PCH. Il est dédommagé au titre de l'aidant familial via la PCH, avec un montant forfaitaire journalier. Ce dédommagement, soumis à des règles fiscales spécifiques, complète les revenus du couple tout en ouvrant, sous conditions, certains droits sociaux.

Cas 3 — Sylvie, 48 ans, réduit son temps de travail à 80 % pour son père en GIR 3. Elle mobilise l'AJPA sur des demi-journées régulières (~32,27 €) et vérifie ses droits à l'assurance vieillesse des aidants pour ne pas perdre de trimestres.

Ces exemples montrent qu'aucune aide unique ne « remplace » un salaire : c'est la combinaison des dispositifs (AJPA, APA/PCH de la personne aidée, droits retraite, crédit d'impôt sur l'aide à domicile) qui allège réellement la charge. Pour estimer l'APA de votre proche, utilisez notre simulateur APA.

Que faire si les revenus ne suffisent pas ?

Quand la perte d'autonomie s'aggrave, l'aide d'un proche ne suffit parfois plus, et la question du financement d'un hébergement se pose. Il est utile de connaître la cascade des aides, dans l'ordre logique :

  1. Les ressources de la personne aidée (retraite, épargne, éventuelle location du logement) sont mobilisées en premier.
  2. L'APA finance la dépendance (à domicile ou en EHPAD), et l'APL/ALS peut réduire le coût de l'hébergement selon les ressources et l'établissement.
  3. Si un EHPAD est nécessaire et habilité à l'aide sociale, l'ASH (aide sociale à l'hébergement) peut prendre en charge une partie du reste à charge.
  4. L'ASH fait intervenir l'obligation alimentaire des proches (enfants, parfois petits-enfants), qui peuvent être sollicités selon leurs moyens.
  5. Les sommes versées au titre de l'ASH peuvent faire l'objet d'une récupération sur succession.

Cette mécanique est détaillée dans notre guide que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD, et vous pouvez estimer le montant qui reste à financer avec le simulateur de reste à charge en EHPAD. Selon la CNSA, ces dispositifs sont complémentaires : mieux vaut les examiner ensemble avec le conseil départemental et le CCAS.

Documents à préparer pour vos démarches

Pour gagner du temps auprès de la CAF, de la MSA ou du conseil départemental, réunissez à l'avance :

  • le formulaire de demande d'AJPA (Cerfa dédié) dûment complété ;
  • une attestation de congé de proche aidant délivrée par votre employeur (ou justificatif de votre situation : demandeur d'emploi, etc.) ;
  • un justificatif du lien avec la personne aidée (livret de famille, attestation sur l'honneur) ;
  • un justificatif de la perte d'autonomie de la personne aidée (notification GIR / APA, décision MDPH ou taux d'incapacité) ;
  • une pièce d'identité et un RIB ;
  • le cas échéant, la notification d'APA ou de PCH de la personne aidée.

Un conseil : conservez des copies de tout, et notez les dates d'envoi. En cas de doute, le point d'information local (CCAS, CLIC, plateforme de répit) peut vous accompagner gratuitement dans le montage du dossier.

Les erreurs à éviter

  • Attendre l'épuisement pour se renseigner sur ses droits : les démarches prennent du temps.
  • Confondre AJPA et salaire : l'AJPA est une allocation plafonnée, pas une rémunération pérenne.
  • Oublier la retraite : ne pas vérifier ses droits à l'AVA/AVPF peut coûter des trimestres.
  • Négliger le répit : s'épuiser nuit à la fois à l'aidant et à la personne aidée.
  • Rester isolé(e) : les plateformes d'accompagnement des aidants existent partout en France.

Aider un proche est un engagement précieux mais exigeant. En combinant l'AJPA, les aides de la personne aidée et les dispositifs de répit, et en vérifiant systématiquement les conditions et montants auprès des organismes compétents, vous pouvez alléger la charge tout en préservant votre santé et vos droits. La prochaine étape utile : faire le point avec votre CAF, votre conseil départemental et, si un hébergement se profile, comparer les solutions disponibles autour de vous.

Bon à savoir : ces informations sont fournies à titre indicatif et peuvent évoluer. Elles ne remplacent pas un avis médical, social ou administratif. Vérifiez toujours les informations auprès des organismes officiels et des prestataires concernés.

Questions fréquentes

Quelle aide de la CAF peut toucher un aidant familial ?

La principale aide versée par la CAF est l'AJPA (allocation journalière du proche aidant), destinée à compenser une baisse ou un arrêt d'activité pendant un congé de proche aidant. Son montant est indicatif (environ 64 € par jour en 2024) et à vérifier auprès de votre CAF.

Quelles sont les conditions pour percevoir l'AJPA ?

Il faut aider un proche présentant un handicap ou une perte d'autonomie d'une certaine gravité (souvent GIR 1 à 3 ou taux d'incapacité d'au moins 80 %), avoir un lien reconnu avec cette personne, et réduire ou suspendre son activité dans le cadre d'un congé de proche aidant. Les critères exacts sont à confirmer auprès de la CAF.

Combien de jours d'AJPA peut-on toucher ?

L'AJPA est limitée, à titre indicatif, à 22 jours par mois et à 66 jours sur l'ensemble de la carrière. Ces plafonds sont susceptibles d'évoluer : renseignez-vous auprès de la CAF ou de la MSA.

Un aidant familial peut-il être payé par la personne aidée ?

Oui, dans certains cas : la personne aidée peut dédommager ou salarier un proche via la PCH (aide handicap) ou l'APA (personnes âgées), selon des règles précises. Le conjoint ne peut généralement pas être salarié via l'APA. Chaque situation doit être vérifiée auprès du conseil départemental.

L'aidant familial cotise-t-il pour sa retraite ?

Sous conditions de ressources et de situation, un aidant peut bénéficier de l'assurance vieillesse des aidants (AVA) ou de l'AVPF, qui permet de valider des trimestres sans cotiser. Vérifiez vos droits auprès de l'Assurance retraite et de la CAF.

L'AJPA est-elle cumulable avec l'APA de la personne aidée ?

L'APA est versée à la personne âgée pour financer son aide, tandis que l'AJPA compense la baisse d'activité de l'aidant : ce sont deux dispositifs distincts qui peuvent coexister. Le cumul précis dépend de votre situation et est à confirmer auprès des organismes.

Comment demander l'AJPA à la CAF ?

Vous devez remplir le formulaire de demande d'AJPA (Cerfa dédié) et le transmettre à votre CAF ou MSA, accompagné des justificatifs de lien avec la personne aidée, de son niveau de perte d'autonomie et de l'attestation de congé de proche aidant de votre employeur.

Existe-t-il des aides pour souffler quand on est aidant ?

Oui : le droit au répit (financé via l'APA), l'accueil de jour, l'hébergement temporaire en EHPAD et le baluchonnage permettent de se reposer. Ces solutions relèvent surtout du conseil départemental et des structures locales plutôt que de la CAF.

Sources

Ressources utiles

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