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Santé & autonomie

Perte d'autonomie et GIR : comprendre les 6 niveaux

Perte d'autonomie et grille AGGIR : comprendre les 6 niveaux GIR, comment se fait l'évaluation et quelles aides selon le GIR. Guide clair et à jour.

Par La rédaction Retraite France, Équipe éditorialeMis à jour le 17 août 20269 min de lecture
Perte d'autonomie et GIR : comprendre les 6 niveaux

La perte d'autonomie d'une personne âgée est évaluée en France grâce à la grille AGGIR, qui la classe dans l'un des 6 niveaux appelés GIR (Groupes Iso-Ressources) : le GIR 1 correspond à la dépendance la plus lourde, le GIR 6 à une autonomie encore bien préservée. Ce classement n'est pas qu'une étiquette : il détermine concrètement l'accès aux aides (notamment l'APA, réservée aux GIR 1 à 4) et le montant du tarif dépendance en établissement. Comprendre son fonctionnement permet d'anticiper les démarches, d'estimer le budget et de faire les bons choix pour un proche.

Dans cet article, nous expliquons ce qu'est la grille AGGIR, comment se déroule l'évaluation, ce que recouvre chacun des 6 GIR, et surtout quelles conséquences pratiques et financières en découlent — avec des exemples chiffrés et les étapes à suivre.

Qu'est-ce que la grille AGGIR ?

AGGIR signifie « Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources ». C'est l'outil de référence utilisé partout en France pour mesurer le degré de perte d'autonomie d'une personne de 60 ans et plus. Selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, cette grille observe la capacité de la personne à accomplir seule les actes de la vie quotidienne.

La grille repose sur 17 activités, réparties en deux catégories :

  • 10 variables « discriminantes » : ce sont elles qui déterminent le GIR. On y trouve notamment la cohérence (communiquer, se comporter de façon sensée), l'orientation (dans le temps et l'espace), la toilette, l'habillage, l'alimentation, l'élimination, les transferts (se lever, se coucher, s'asseoir), le déplacement à l'intérieur et à l'extérieur, la communication à distance.
  • 7 variables « illustratives » : gestion du budget, cuisine, ménage, transports, achats, suivi du traitement, activités de loisirs. Elles éclairent la situation mais n'entrent pas dans le calcul du GIR.

Chaque activité est cotée A (la personne fait seule, totalement et habituellement), B (elle fait partiellement ou pas toujours) ou C (elle ne fait pas). Un algorithme national traduit ensuite ces cotations en un groupe GIR. Vous pouvez obtenir une première estimation avec notre calculateur de GIR, en gardant à l'esprit qu'il ne remplace jamais l'évaluation officielle.

Les 6 niveaux de GIR expliqués

Voici ce que recouvre chaque groupe. Les descriptions sont indicatives : deux personnes classées dans le même GIR peuvent avoir des profils différents.

GIRNiveau de perte d'autonomieSituation typiqueÉligible à l'APA ?
GIR 1Très fortePersonne confinée au lit ou au fauteuil, fonctions mentales gravement altérées, présence continue indispensableOui
GIR 2FortePersonne confinée au lit/fauteuil mais fonctions mentales partiellement conservées, ou personne mobile mais fonctions mentales très altéréesOui
GIR 3Moyenne à importanteAutonomie mentale conservée, autonomie motrice partielle : besoin d'aide plusieurs fois par jour pour les soins corporelsOui
GIR 4ModéréeBesoin d'aide pour se lever, se coucher, la toilette et l'habillage, mais peut se déplacer seule à l'intérieurOui
GIR 5FaibleAide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas ou le ménageNon
GIR 6Autonomie préservéePersonne autonome pour tous les actes essentiels de la vie couranteNon

La ligne de partage la plus importante est celle entre le GIR 4 et le GIR 5 : c'est le seuil d'éligibilité à l'APA. Pour approfondir chaque profil, des fiches détaillées existent, par exemple sur le GIR 2 ou les GIR 5 et 6.

Comment se déroule l'évaluation ?

L'évaluation officielle n'est jamais réalisée par la famille elle-même. Selon service-public.fr, le professionnel change en fonction du lieu de vie :

  • À domicile : lorsqu'une demande d'APA est déposée, un membre de l'équipe médico-sociale du conseil départemental (souvent un travailleur social ou un professionnel de santé) se rend au domicile. Il observe la personne, échange avec elle et son entourage, puis établit le GIR et propose un plan d'aide.
  • En EHPAD ou en établissement : c'est le médecin coordonnateur de l'établissement qui détermine le GIR de chaque résident. Ce classement sert notamment à calculer le tarif dépendance.

La visite dure généralement 45 minutes à 1 heure. Il est vivement conseillé qu'un proche soit présent : la personne âgée a parfois tendance à minimiser ses difficultés (« je me débrouille très bien »), ce qui peut fausser l'évaluation. Notez des exemples concrets du quotidien avant la visite.

Documents à préparer

  • Pièce d'identité de la personne âgée
  • Justificatif de domicile
  • Dernier avis d'imposition ou de non-imposition
  • Justificatifs de ressources et, le cas échéant, de patrimoine
  • Coordonnées du médecin traitant et comptes rendus médicaux récents
  • Relevé d'identité bancaire (pour le versement de l'APA)

Perte d'autonomie : les premiers signes à ne pas négliger

Le classement en GIR intervient souvent tard, après une chute ou une hospitalisation. Or, la perte d'autonomie s'installe généralement progressivement. Parmi les signaux d'alerte : oublis répétés (rendez-vous, médicaments), courrier qui s'accumule, hygiène négligée, perte de poids, isolement, difficultés à monter les escaliers, chutes à répétition.

Repérer tôt ces signes de perte d'autonomie permet de mettre en place des solutions préventives avant l'aggravation : aide à domicile, téléassistance, portage de repas ou adaptation du logement. En cas de doute sur le risque de chute, le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr propose des repères utiles, et notre test dédié peut compléter la démarche.

Quelles aides selon le GIR ?

Le GIR est la clé d'entrée de plusieurs dispositifs. Voici les principales aides selon le niveau.

GIR 1 à 4 – L'APA (allocation personnalisée d'autonomie)

C'est l'aide phare. Versée par le conseil départemental, sans condition de ressources pour y avoir droit (mais avec une participation qui augmente avec les revenus), elle finance :

  • à domicile : les heures d'aide humaine, la téléassistance, certaines aides techniques, l'accueil de jour ;
  • en établissement : une partie du tarif dépendance.

Le montant dépend du GIR et des ressources. Vous pouvez l'estimer avec notre simulateur d'APA. À titre indicatif, les plafonds mensuels du plan d'aide APA à domicile sont plus élevés en GIR 1 qu'en GIR 4 ; les montants exacts sont à vérifier auprès de votre département.

GIR 5 et 6 – Autres aides

Sans droit à l'APA, ces personnes peuvent solliciter :

  • l'aide-ménagère du CCAS ou du conseil départemental (sous conditions de ressources) ;
  • les aides d'action sociale de la caisse de retraite (par exemple via l'Assurance retraite), qui finance des heures d'aide à domicile pour les retraités peu dépendants ;
  • le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile, ouvert à tous.

Quel que soit le GIR, d'autres leviers existent : aides à l'adaptation du logement, aides au logement (APL/ALS), et couverture complémentaire via une mutuelle senior. Un panorama complet des dispositifs est disponible sur notre page aides.

GIR, EHPAD et tarif dépendance : ce qu'il faut savoir

En établissement, la facture se décompose en trois parts : l'hébergement, les soins (pris en charge par l'Assurance maladie) et la dépendance, qui dépend directement du GIR. Les tarifs dépendance sont fixés par tranche : GIR 1-2 (le plus élevé), GIR 3-4, puis GIR 5-6 (le plus bas, appelé « ticket modérateur »).

L'APA en établissement vient réduire la part dépendance à la charge du résident. Concrètement, un résident classé en GIR 2 dans un EHPAD paiera son hébergement plus un reste à charge dépendance réduit par l'APA. Pour comprendre cette mécanique et estimer le coût réel, consultez notre simulateur de reste à charge.

Que faire si les revenus ou la retraite ne suffisent pas ?

C'est une inquiétude très fréquente, surtout à l'entrée en EHPAD où le coût mensuel dépasse souvent la retraite. Prenons un exemple concret : une personne perçoit 1 300 € de retraite par mois et l'EHPAD coûte 2 400 € par mois. Il manque environ 1 100 €. Que se passe-t-il ?

Les dispositifs s'activent selon une cascade :

  1. Les ressources de la personne sont mobilisées en priorité (retraite, épargne, revenus).
  2. L'APA (si GIR 1 à 4) réduit la part dépendance, et les aides au logement (APL/ALS) peuvent alléger l'hébergement.
  3. Si un reste à charge important subsiste, l'aide sociale à l'hébergement (ASH) peut prendre le relais, mais uniquement dans les établissements habilités à l'aide sociale. Elle est versée par le département.
  4. L'ASH déclenche l'obligation alimentaire : les enfants (et parfois petits-enfants) peuvent être appelés à contribuer, selon leurs moyens.
  5. Les sommes versées au titre de l'ASH sont récupérables sur la succession au décès.
Situation (indicative)Piste principalePoint d'attention
Retraite modeste, GIR 2-4, maintien à domicileAPA + aides caisse de retraite + crédit d'impôtVérifier le plan d'aide et le reste à charge
Retraite < coût EHPAD, établissement habilitéASH (aide sociale à l'hébergement)Obligation alimentaire + récupération succession
GIR 5-6 à domicileAide-ménagère + adaptation logementAnticiper l'évolution de l'autonomie

Pour approfondir ces solutions, consultez notre guide que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD. Cette étape émotionnellement difficile justifie souvent de se faire accompagner par le CCAS, une assistante sociale ou le conseil départemental. Les règles précises figurent aussi sur service-public.fr.

Domicile ou établissement : décider en fonction du GIR

Le GIR n'impose jamais un lieu de vie, mais il éclaire la décision. En GIR 5-6 et souvent en GIR 4, le maintien à domicile reste tout à fait envisageable avec un bon plan d'aide. À mesure que la dépendance s'accentue (GIR 1-2), la charge pour l'entourage devient lourde et l'entrée en établissement peut s'imposer, notamment en cas de troubles cognitifs importants.

Si vous êtes à l'étape de la recherche d'un hébergement pour un proche, notre service pour trouver une place et notre annuaire des établissements vous aident à identifier des solutions adaptées à la situation et au budget. Prenez le temps de comparer plusieurs devis et de vérifier l'habilitation à l'aide sociale.

Prochaines étapes concrètes :

  1. Estimer le GIN avec le calculateur de GIR.
  2. Déposer la demande d'APA auprès du conseil départemental si le GIR est 1 à 4.
  3. Estimer le budget (domicile ou établissement) et le reste à charge.
  4. Se faire accompagner (CCAS, assistante sociale) en cas de difficulté financière.

Enfin, gardez à l'esprit que la perte d'autonomie évolue : une réévaluation du GIR peut être demandée à tout moment, notamment après une hospitalisation. Les barèmes et montants cités ici sont indicatifs et doivent toujours être vérifiés auprès des organismes compétents (conseil départemental, caisse de retraite, Assurance maladie).

Bon à savoir : ces informations sont fournies à titre indicatif et peuvent évoluer. Elles ne remplacent pas un avis médical, social ou administratif. Vérifiez toujours les informations auprès des organismes officiels et des prestataires concernés.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le GIR d'une personne âgée ?

Le GIR (Groupe Iso-Ressources) est le niveau de perte d'autonomie attribué après évaluation par la grille AGGIR. Il existe 6 GIR : le GIR 1 correspond à la dépendance la plus forte, le GIR 6 à une autonomie encore préservée. Le GIR conditionne l'accès à certaines aides comme l'APA.

Quel GIR donne droit à l'APA ?

Seuls les GIR 1, 2, 3 et 4 ouvrent droit à l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), à domicile ou en établissement. Les personnes classées en GIR 5 ou 6 n'y sont pas éligibles, mais peuvent solliciter d'autres aides (caisse de retraite, aide-ménagère du CCAS). Montants à vérifier auprès du conseil départemental.

Qui évalue la perte d'autonomie et le GIR ?

À domicile, l'évaluation est faite par un membre de l'équipe médico-sociale du conseil départemental, lors d'une visite. En EHPAD, c'est le médecin coordonnateur qui détermine le GIR. Un test en ligne peut donner une première estimation mais n'a aucune valeur officielle.

Comment est calculée la grille AGGIR ?

La grille AGGIR observe 17 activités : 10 dites « discriminantes » (se laver, s'habiller, se déplacer, communiquer, etc.) qui déterminent le GIR, et 7 « illustratives ». Chaque item est coté A (fait seul), B (partiellement) ou C (ne fait pas). Un algorithme national attribue ensuite le groupe.

Le GIR change-t-il avec le temps ?

Oui. La perte d'autonomie peut évoluer, notamment après une chute, une hospitalisation ou une maladie évolutive. Une réévaluation peut être demandée au conseil départemental ou au médecin coordonnateur ; le plan d'aide et l'APA sont alors ajustés selon la nouvelle situation.

Quel est le lien entre GIR et prix de l'EHPAD ?

En EHPAD, la facture comprend un tarif hébergement et un tarif dépendance qui dépend du GIR (plus le GIR est faible en numéro, plus le tarif dépendance est élevé). L'APA en établissement vient réduire la part dépendance à la charge du résident. Les montants sont à vérifier dans le devis de l'établissement.

Que faire si la retraite ne suffit pas à financer la dépendance ?

Plusieurs dispositifs se cumulent selon la situation : APA, aides au logement (APL/ALS), et en EHPAD l'aide sociale à l'hébergement (ASH) dans les établissements habilités, avec obligation alimentaire des proches et récupération possible sur succession. Un accompagnement par le CCAS ou le conseil départemental est recommandé.

Sources

Ressources utiles

Pour passer à l'action sur ce sujet :

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