Aidant familial : montant versé par la CAF et dédommagement
Aidant familial et CAF : montant de l'AJPA, dédommagement via l'APA ou la PCH, conditions et démarches. Fourchettes indicatives et exemples chiffrés.

Un aidant familial peut percevoir plusieurs types de soutien financier, mais aucun n'est versé "automatiquement" et les montants diffèrent selon le dispositif. Concrètement : la CAF (ou la MSA) verse l'allocation journalière du proche aidant (AJPA), d'un montant indicatif d'environ 64,54 € par jour en 2024 (dans la limite de 66 jours sur la carrière) ; en parallèle, un proche peut être dédommagé ou salarié grâce à l'APA de la personne aidée, ou recevoir un dédommagement familial via la PCH (de l'ordre de 4 à 7 € de l'heure). Ces dispositifs répondent à des logiques différentes, avec des conditions précises à vérifier auprès des organismes compétents. Voici, poste par poste, ce que vous pouvez espérer et comment procéder.
Qui est considéré comme "aidant familial" ?
L'aidant familial est un proche (conjoint, enfant, parent, mais aussi une personne de l'entourage sans lien de parenté) qui apporte une aide régulière à une personne âgée ou handicapée en perte d'autonomie : aide pour les gestes du quotidien, surveillance, démarches administratives, accompagnement aux rendez-vous médicaux.
Ce rôle est reconnu par la loi et ouvre des droits spécifiques, détaillés sur notre page aidant familial : droits. Mais attention : être aidant ne donne pas, à lui seul, droit à un "salaire". Les sommes perçues dépendent toujours d'un dispositif précis (AJPA, APA, PCH) et de la situation de la personne aidée.
Selon le portail officiel des personnes âgées, on estime à plusieurs millions le nombre d'aidants en France, dont une majorité combine cet engagement avec une vie professionnelle. C'est précisément pour soutenir ces situations que l'AJPA a été créée.
L'AJPA versée par la CAF : montant et conditions
L'allocation journalière du proche aidant (AJPA) est l'aide la plus directement liée à la CAF. Elle s'adresse à l'aidant qui réduit ou suspend temporairement son activité professionnelle pour accompagner un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie importante.
Montants indicatifs (à vérifier auprès de la CAF ou de la MSA) :
| Élément | Montant indicatif 2024 |
|---|---|
| AJPA par journée | ~64,54 € |
| AJPA par demi-journée | ~32,27 € |
| Nombre de jours max / mois | 22 jours |
| Nombre de jours max / carrière | 66 jours |
L'AJPA est liée au congé de proche aidant. Pour en bénéficier, plusieurs conditions sont requises : la personne aidée doit présenter un niveau de perte d'autonomie suffisant (par exemple GIR 1 à 3, ou un taux d'incapacité reconnu), et l'aidant doit résider en France. L'allocation est soumise à CSG et CRDS. Vous trouverez les règles détaillées sur service-public.fr et sur notre page dédiée aidant familial CAF : conditions.
À noter : l'AJPA est un soutien ponctuel et plafonné dans le temps. Elle ne remplace pas un revenu durable. Pour un accompagnement de longue durée, il faut regarder du côté de l'APA ou de la PCH.
Le dédommagement via l'APA : salarier ou dédommager un proche
L'allocation personnalisée d'autonomie (APA) est versée à la personne âgée dépendante (à partir de 60 ans), pas directement à l'aidant. Mais son plan d'aide peut prévoir de rémunérer un proche, de deux façons :
- Salarier un membre de la famille : la personne aidée devient employeur (via le CESU de l'Urssaf) et déclare son proche comme salarié.
- Dédommager l'aidant dans certains cas précis prévus par le plan d'aide.
Règle importante : l'APA ne permet pas de salarier le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS. En revanche, un enfant, un frère, une sœur ou un autre proche peuvent, selon la situation, être rémunérés.
Le montant dépend du GIR (niveau de dépendance) et du plan d'aide. Pour vous donner des ordres de grandeur, les plafonds mensuels de l'APA à domicile sont indicatifs et actualisés chaque année : vous pouvez les consulter sur notre page APA à domicile : montant. Pour estimer rapidement le niveau d'aide possible, utilisez notre simulateur APA.
Avant tout, il faut connaître le GIR de la personne aidée : notre calculateur GIR vous donne une première estimation, confirmée ensuite par l'équipe médico-sociale du département.
Le dédommagement familial via la PCH
Pour les personnes reconnues en situation de handicap (généralement avant 60 ans, avec maintien possible du droit au-delà), la prestation de compensation du handicap (PCH) prévoit un volet "aide humaine" qui peut inclure un dédommagement familial.
Montants indicatifs (à vérifier auprès de la MDPH et de la CNSA) :
| Situation de l'aidant | Dédommagement horaire indicatif |
|---|---|
| Aidant n'ayant pas réduit son activité | ~4 € / heure |
| Aidant ayant réduit ou cessé son activité | ~6 à 7 € / heure |
Ce dédommagement est plafonné mensuellement. Il ne s'agit pas d'un salaire mais d'une compensation. Les détails figurent sur nos pages aidant familial MDPH : montant et PCH : prestation de compensation du handicap.
Tableau récapitulatif des montants pour l'aidant
| Dispositif | Qui verse | Montant indicatif | Public visé |
|---|---|---|---|
| AJPA | CAF / MSA | ~64,54 €/jour, max 66 jours | Aidant réduisant son activité |
| APA (salariat/dédommagement) | Conseil départemental (via la personne aidée) | Selon GIR et plan d'aide | Personne âgée dépendante (60 ans+) |
| PCH (dédommagement familial) | Conseil départemental / MDPH | ~4 à 7 €/h | Personne en situation de handicap |
Ces montants sont indicatifs et évoluent chaque année. Ils ne se cumulent pas librement : chaque dispositif a ses conditions et ses incompatibilités. Un point d'information local (CLIC, France Services, centre communal d'action sociale) peut vous aider à y voir clair.
Exemple chiffré : combien peut toucher un aidant ?
Prenons le cas de Sylvie, 55 ans, qui réduit son temps de travail pour accompagner sa mère de 82 ans, classée GIR 2 à domicile.
- Via l'AJPA : si elle prend 10 jours de congé de proche aidant dans le mois, elle perçoit environ 10 × 64,54 € = 645 € pour ce mois, dans la limite des 66 jours sur sa carrière.
- Via l'APA : le plan d'aide de sa mère peut prévoir de salarier Sylvie quelques heures par semaine. Si le plan prévoit, par exemple, 8 heures hebdomadaires rémunérées au tarif d'une aide à domicile, cela représente un complément de revenu mensuel régulier, financé par l'APA dans la limite du plafond du GIR 2.
Autre cas : un fils aidant sa mère en GIR 4 (perte d'autonomie plus légère). Le plan d'aide APA est plus modeste, donc le montant mobilisable pour le dédommagement est plus faible. D'où l'intérêt d'évaluer précisément le GIR avant toute démarche.
Ces exemples montrent une réalité souvent mal comprise : les aides destinées à l'aidant restent limitées et ne compensent que partiellement une baisse d'activité. Elles doivent s'inscrire dans une réflexion plus large sur l'organisation de l'aide à domicile et, parfois, sur une entrée en établissement.
Que faire si les revenus ne suffisent pas ?
Quand l'aide d'un proche et les montants perçus ne suffisent plus — parce que la dépendance s'alourdit ou parce que l'aidant s'épuise —, il faut activer une cascade d'aides, dans cet ordre :
- Les ressources de la personne aidée (retraite, épargne, revenus du patrimoine) servent en premier.
- Les aides publiques : APA à domicile ou en établissement, et, le cas échéant, APL/ALS pour le logement.
- L'aide sociale à l'hébergement (ASH) : si la personne entre dans un établissement habilité et que ses ressources sont insuffisantes, le département peut prendre en charge une partie des frais.
- L'obligation alimentaire : les enfants et petits-enfants peuvent être sollicités pour contribuer, selon leurs moyens. Nous détaillons ce point sur obligation alimentaire en EHPAD.
- La récupération sur succession : certaines aides, comme l'ASH, peuvent être récupérées sur la succession du bénéficiaire.
Si vous craignez de ne pas pouvoir financer une place, consultez notre guide que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD et estimez le coût réel avec notre outil de reste à charge EHPAD. Ces ressources vous aident à anticiper plutôt qu'à subir.
Lorsque le maintien à domicile atteint ses limites, il devient pertinent de chercher une solution d'hébergement. Notre service trouver une place vous accompagne pour identifier un établissement adapté, selon la situation et le budget.
Documents à préparer pour vos démarches
Pour demander l'AJPA, l'APA ou un dédommagement, rassemblez en amont :
- Pièce d'identité de l'aidant et de la personne aidée ;
- Justificatif du lien et du domicile ;
- Justificatif de la perte d'autonomie (évaluation GIR, notification MDPH, certificat médical) ;
- Avis d'imposition de la personne aidée (et parfois de l'aidant) ;
- Pour l'AJPA : attestation de l'employeur et justificatif du congé de proche aidant ;
- Pour la salarisation : numéro CESU et contrat de travail ;
- RIB.
Un dossier complet évite les allers-retours et accélère le traitement. En cas de doute, le service public et votre CAF précisent la liste exacte selon votre situation.
Protéger l'aidant : retraite, répit et accompagnement
Au-delà des montants, être aidant a un coût humain. Plusieurs droits existent pour ne pas pénaliser sa propre retraite : sous conditions, l'affiliation gratuite à l'assurance vieillesse des aidants permet de valider des trimestres. Les règles sont expliquées sur aidant familial et retraite et sur le site de l'Assurance retraite.
Pensez aussi au répit : solutions de relais, baluchonnage, accueil temporaire. S'épuiser nuit autant à l'aidant qu'à la personne aidée. Enfin, n'hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel pour monter les dossiers, comparer les aides et, le moment venu, préparer une éventuelle entrée en établissement. Les montants étant indicatifs et les règles évolutives, une vérification auprès des organismes compétents (CAF, MSA, conseil départemental, MDPH) reste indispensable avant toute décision.
Questions fréquentes
Quel est le montant versé par la CAF à un aidant familial ?
La CAF verse l'allocation journalière du proche aidant (AJPA), d'un montant indicatif d'environ 64,54 € par jour en 2024 (32,27 € la demi-journée). Elle est limitée à 22 jours par mois et à 66 jours sur toute la carrière. Montant à vérifier auprès de la CAF ou de la MSA.
Un aidant familial peut-il être payé avec l'APA ?
Oui, l'APA à domicile peut financer l'emploi ou le dédommagement d'un proche, sauf s'il s'agit du conjoint, du concubin ou du partenaire de PACS. Le montant dépend du plan d'aide établi par l'équipe médico-sociale du département et du GIR de la personne aidée.
Quelle différence entre l'AJPA et le dédommagement APA ?
L'AJPA est une allocation versée par la CAF à l'aidant qui réduit ou suspend son activité, pour un nombre de jours limité. Le dédommagement APA (ou la salarisation) est financé via le plan d'aide de la personne aidée et rémunère l'aide apportée au quotidien. Les deux logiques sont différentes et soumises à conditions.
Combien rapporte le dédommagement familial de la PCH ?
Le dédommagement familial de la prestation de compensation du handicap (PCH) s'élève, à titre indicatif, à environ 4 € de l'heure, montant majoré autour de 6 à 7 € si l'aidant renonce totalement ou partiellement à une activité professionnelle. Plafonds mensuels à vérifier auprès de la MDPH.
L'AJPA est-elle imposable ?
L'AJPA est soumise à la CSG et à la CRDS. Son traitement fiscal et sa prise en compte dans d'autres aides doivent être vérifiés auprès de la CAF et du service des impôts, car les règles évoluent.
Peut-on cumuler l'AJPA et le dédommagement APA ?
Les règles de cumul sont strictes et dépendent de la situation. En pratique, mieux vaut interroger la CAF, le conseil départemental et un point d'information local (CLIC, France Services) avant d'engager plusieurs demandes, pour éviter les refus ou trop-perçus.
Un aidant familial cotise-t-il pour sa retraite ?
Selon la situation, un aidant peut bénéficier de l'affiliation gratuite à l'assurance vieillesse des aidants (AVA) sous conditions de ressources et de niveau de dépendance de la personne aidée. Cela permet de valider des trimestres sans cotiser. À vérifier auprès de la CAF et de l'Assurance retraite.
Que faire si l'aide à domicile ne suffit pas et que l'entrée en établissement se profile ?
Si le maintien à domicile devient trop lourd, il est utile d'anticiper une place en hébergement et d'évaluer le reste à charge. Un accompagnement permet de comparer les solutions, de monter les dossiers d'aides et d'éviter les démarches dans l'urgence.
Sources
Ressources utiles
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Rédigé par
La rédaction Retraite France
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