Dossier MDPH après 60 ans : dans quels cas ?
MDPH après 60 ans : dans quels cas déposer un dossier, quelles aides (PCH, carte mobilité inclusion) restent possibles et quand passer par l'APA. Guide complet.

Après 60 ans, faut-il déposer un dossier à la MDPH ? Dans la grande majorité des cas, non : la perte d'autonomie liée au vieillissement relève de l'APA (Allocation personnalisée d'autonomie), gérée par le conseil départemental, et non de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Mais il existe des exceptions importantes où un dossier MDPH reste pertinent — notamment lorsqu'un handicap était reconnu avant 60 ans, pour une première demande de PCH possible jusqu'à 75 ans, ou pour obtenir une carte mobilité inclusion (CMI), qui n'a aucune limite d'âge. Cet article vous aide à savoir précisément dans quel cas vous situer, quelles aides demander et à qui vous adresser.
MDPH ou APA : la frontière des 60 ans
Le système français distingue historiquement deux logiques : le handicap (avant 60 ans) et la perte d'autonomie liée à l'âge (à partir de 60 ans). Cette « barrière d'âge » explique que, passé 60 ans, la plupart des demandes basculent vers l'APA plutôt que vers la MDPH.
Concrètement :
- La MDPH instruit les demandes liées au handicap : Prestation de compensation du handicap (PCH), carte mobilité inclusion (CMI), Allocation aux adultes handicapés (AAH), reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).
- L'APA s'adresse aux personnes de 60 ans et plus dont l'autonomie est réduite. Elle est évaluée selon la grille AGGIR, qui classe la personne d'un GIR 1 (dépendance très lourde) à un GIR 6 (autonomie). L'APA est versée pour les GIR 1 à 4.
Pour situer le niveau d'autonomie d'un proche avant toute démarche, vous pouvez utiliser notre calculateur GIR, puis estimer l'aide potentielle avec le simulateur APA. Ces outils donnent une première indication, sans remplacer l'évaluation officielle réalisée à domicile par l'équipe médico-sociale du département.
Selon le service public, c'est bien l'âge et l'origine de la perte d'autonomie qui déterminent l'organisme compétent. Il est donc essentiel de bien identifier votre situation avant de constituer un dossier.
Les cas où un dossier MDPH reste utile après 60 ans
Malgré la barrière des 60 ans, plusieurs situations justifient encore de s'adresser à la MDPH :
1. Un handicap reconnu avant 60 ans. Si la personne bénéficiait déjà de droits ouverts à la MDPH (PCH, CMI, AAH), ces droits se poursuivent après 60 ans. À 60 ans, elle peut soit conserver sa PCH, soit demander l'APA : c'est un choix, pas une bascule automatique.
2. Une première demande de PCH jusqu'à 75 ans. Point souvent méconnu : il est possible de demander la PCH pour la première fois jusqu'à 75 ans, à condition que le handicap ait répondu aux critères d'éligibilité avant l'âge de 60 ans. Il faut alors pouvoir démontrer que les difficultés existaient déjà avant cet âge.
3. Les personnes encore en activité professionnelle. Une personne de plus de 60 ans qui travaille encore peut demander la PCH, quel que soit son âge, dans les conditions prévues par la réglementation.
4. La carte mobilité inclusion (CMI). Elle se demande toujours à la MDPH, sans limite d'âge. Elle facilite le quotidien (stationnement, priorité dans les files d'attente, avantages fiscaux liés à l'invalidité). Nous y revenons plus bas.
Dans les autres cas — c'est-à-dire une perte d'autonomie qui apparaît après 60 ans à cause du vieillissement — c'est vers l'APA et les aides du département qu'il faut se tourner.
Tableau récapitulatif : quel organisme selon votre situation ?
| Situation | Organisme compétent | Aide principale |
|---|---|---|
| Perte d'autonomie apparue après 60 ans | Conseil départemental | APA (GIR 1 à 4) |
| Handicap reconnu avant 60 ans, droits ouverts | MDPH (maintien) | PCH, CMI |
| 1ère demande de compensation, critères réunis avant 60 ans | MDPH | PCH (jusqu'à 75 ans) |
| Personne de +60 ans encore en emploi | MDPH | PCH, RQTH |
| Besoin d'une carte (stationnement, invalidité) | MDPH | Carte mobilité inclusion |
| Faibles ressources à la retraite | CAF / caisse de retraite | ASPA (minimum vieillesse) |
Tableau indicatif — les règles précises sont à vérifier auprès de votre MDPH et de votre conseil départemental.
La PCH après 60 ans : montants et arbitrage avec l'APA
La PCH (Prestation de compensation du handicap) couvre plusieurs types de besoins : aide humaine, aides techniques, aménagement du logement ou du véhicule, aides spécifiques et exceptionnelles. Elle est décrite en détail sur notre page dédiée à la prestation de compensation du handicap.
Si votre proche bénéficiait de la PCH avant 60 ans, l'arbitrage entre conserver la PCH ou basculer sur l'APA doit se faire au cas par cas. Quelques repères :
- La PCH n'est pas soumise à condition de ressources pour l'ouverture du droit (un taux de participation peut s'appliquer selon les revenus), tandis que l'APA prévoit une participation financière qui augmente avec les ressources.
- La PCH peut mieux couvrir certaines dépenses lourdes (aides techniques, aménagement du logement) ; l'APA est parfois plus adaptée pour un besoin d'aide humaine quotidienne.
- On ne peut pas cumuler les deux pour la même dépense.
Un exemple concret : une personne de 62 ans bénéficiant déjà d'une PCH « aide humaine » importante aura souvent intérêt à la conserver plutôt que de basculer vers une APA dont le plafond, à GIR équivalent, pourrait être inférieur. À l'inverse, une personne dont les besoins évoluent surtout vers un accompagnement quotidien léger pourra trouver l'APA plus simple. En cas de doute, faites appel à un travailleur social : ce choix est souvent irréversible dans les faits.
Pour des besoins d'accompagnement à domicile, quel que soit le financement retenu, notre page aide à domicile détaille les prestations possibles (aide-ménagère, auxiliaire de vie, portage de repas).
La carte mobilité inclusion (CMI) : sans limite d'âge
La CMI remplace les anciennes cartes d'invalidité, de priorité et de stationnement. Elle se demande à la MDPH et comporte trois mentions possibles :
- CMI invalidité : pour un taux d'incapacité d'au moins 80 %, ou pour les personnes classées en GIR 1 ou 2. Elle ouvre droit à des avantages, notamment fiscaux (une demi-part supplémentaire selon la situation — à vérifier sur impots.gouv.fr).
- CMI priorité : pour les personnes ayant du mal à rester debout longtemps.
- CMI stationnement : pour se garer gratuitement et sans limite de durée sur les places publiques (selon les règles locales).
Pour les bénéficiaires de l'APA classés en GIR 1 ou 2, la CMI mention invalidité et stationnement peut être attribuée de manière simplifiée, sur la base de l'évaluation APA. C'est un point à signaler lors de la demande d'APA.
Comment déposer un dossier MDPH : les étapes
La démarche suit toujours la même logique, quel que soit le département :
- Retirer le formulaire. Le formulaire de demande MDPH (Cerfa n° 15692*01) est disponible auprès de votre MDPH, en mairie, ou en ligne.
- Faire remplir le certificat médical. Un certificat médical (valable moins de 6 mois au moment du dépôt) doit être complété par le médecin traitant. C'est une pièce clé : il décrit les limitations et retentissements.
- Constituer le projet de vie. Cette partie du dossier permet d'exprimer les attentes et besoins concrets de la personne. Prenez le temps de la remplir : elle oriente les décisions.
- Déposer le dossier complet à la MDPH du département de résidence, en conservant une copie et un accusé de réception.
- Attendre l'évaluation. L'équipe pluridisciplinaire examine la demande, puis la CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie) statue.
Le délai d'instruction varie selon les départements et se compte souvent en plusieurs mois. La réglementation prévoit qu'en l'absence de réponse dans un délai de 4 mois, la demande est réputée rejetée : conservez donc toutes vos preuves de dépôt. Ces informations sont détaillées sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
Documents à préparer
- Formulaire de demande MDPH complété (Cerfa)
- Certificat médical récent rempli par le médecin
- Justificatif d'identité et de domicile
- Avis d'imposition ou de non-imposition
- Le « projet de vie » (attentes, besoins d'aide au quotidien)
- Copie des décisions antérieures (si des droits étaient déjà ouverts)
- Tout document utile : comptes rendus médicaux, devis d'aides techniques ou d'aménagement
Que faire si les revenus ou la retraite ne suffisent pas ?
Les aides de la MDPH ou l'APA ne couvrent pas tout, et la question du reste à charge devient centrale, surtout en cas d'entrée en établissement. La logique de financement suit une cascade qu'il est utile de connaître :
- Les ressources de la personne (retraite, épargne) sont mobilisées en premier.
- Les aides publiques viennent en complément : APA (ou PCH), et pour le logement l'APL ou l'ALS selon la situation.
- Si les ressources restent insuffisantes, un établissement habilité à l'aide sociale (ASH) peut prendre le relais pour l'hébergement, sous conditions.
- L'ASH peut faire intervenir l'obligation alimentaire des proches (enfants, parfois petits-enfants), qui participent selon leurs moyens.
- Enfin, l'aide sociale versée peut donner lieu à une récupération sur la succession.
Si vous êtes confronté à cette situation, notre guide que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD détaille chaque étape, et l'outil reste à charge EHPAD vous aide à estimer le montant réel à financer.
Exemple chiffré indicatif : pour une retraite de 1 300 €/mois et un EHPAD facturé 2 400 €/mois, il manque environ 1 100 € par mois. Après mobilisation de l'APA (part dépendance) et de l'APL, une partie du reste à charge peut subsister ; c'est alors que l'ASH et l'obligation alimentaire peuvent intervenir. Ces montants sont donnés à titre d'illustration et varient fortement selon le département et l'établissement.
Bien s'entourer et connaître ses droits
Un dossier MDPH ou une demande d'APA peuvent sembler complexes. Plusieurs relais existent pour vous accompagner gratuitement :
- Le CCAS de votre commune ;
- Un point d'information local (CLIC ou espace autonomie) ;
- Un travailleur social du conseil départemental ;
- L'assistante sociale de l'hôpital, en cas de sortie d'hospitalisation.
Selon la CNSA, ces professionnels peuvent vous aider à choisir entre PCH et APA et à monter un dossier complet. Si le besoin porte aussi sur l'adaptation du domicile (barre d'appui, salle de bain, monte-escalier), consultez notre rubrique adaptation du logement. Et pour tout ce qui touche à la protection juridique ou aux droits des aidants, la rubrique droits rassemble l'essentiel.
En résumé : après 60 ans, réflexe APA d'abord, MDPH ensuite pour les cas particuliers (handicap antérieur, PCH avant 75 ans, CMI). En cas de doute, ne restez pas seul : une évaluation professionnelle vous évitera de perdre du temps et des droits.
Questions fréquentes
Peut-on déposer un dossier MDPH après 60 ans ?
Oui, dans certains cas. La MDPH reste compétente pour la carte mobilité inclusion (sans limite d'âge), pour la PCH si le handicap répondait aux critères avant 60 ans (première demande possible jusqu'à 75 ans), et pour les personnes qui exercent encore une activité professionnelle. En revanche, la perte d'autonomie liée au vieillissement relève de l'APA.
Quelle est la différence entre MDPH et APA ?
La MDPH gère les aides liées au handicap (PCH, carte mobilité inclusion, AAH). L'APA (Allocation personnalisée d'autonomie) est gérée par le conseil départemental et s'adresse aux personnes de 60 ans et plus en perte d'autonomie (GIR 1 à 4). Les deux ne se cumulent pas pour couvrir les mêmes besoins.
Peut-on cumuler l'APA et la PCH ?
Non, pas pour la même dépense. Si vous bénéficiez de la PCH avant 60 ans, vous pouvez la conserver ou opter pour l'APA à 60 ans. Il faut comparer les deux car les montants et les règles diffèrent. Un travailleur social peut vous aider à faire ce choix.
La carte mobilité inclusion (CMI) est-elle réservée aux moins de 60 ans ?
Non. La CMI (mention invalidité, priorité ou stationnement) se demande à la MDPH quel que soit l'âge. Pour les bénéficiaires de l'APA classés en GIR 1 ou 2, la CMI stationnement peut même être attribuée de façon simplifiée.
Que faire si mon proche a un handicap reconnu avant 60 ans ?
Il conserve ses droits ouverts à la MDPH (PCH, CMI) et peut continuer à en bénéficier après 60 ans. À 60 ans, il peut choisir de rester sur la PCH ou de basculer sur l'APA : le choix se fait selon le montant et l'accompagnement les plus adaptés à sa situation.
Combien de temps prend l'instruction d'un dossier MDPH ?
Le délai varie selon les départements, souvent plusieurs mois. La loi prévoit qu'à défaut de réponse dans un délai de 4 mois, la demande est considérée comme rejetée. Il est conseillé de déposer un dossier complet et de conserver un accusé de réception.
L'AAH continue-t-elle après 60 ans ?
L'AAH peut être maintenue selon la situation, mais à l'âge de la retraite, elle est en général remplacée par la retraite et, si les ressources sont faibles, par l'ASPA (minimum vieillesse). Les règles dépendent du taux d'incapacité : renseignez-vous auprès de votre CAF et de la MDPH.
Où déposer le dossier et qui peut aider ?
Le dossier se dépose à la MDPH du département de résidence. Pour être accompagné, sollicitez le CCAS de votre mairie, un point d'information local (CLIC), un travailleur social du conseil départemental ou une assistante sociale.
Sources
Ressources utiles
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Rédigé par
La rédaction Retraite France
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