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Exonération de taxe d'habitation pour personnes âgées

Taxe d'habitation et personnes âgées : ce qui reste dû en 2024, le cas de l'EHPAD et de l'ancien logement, les exonérations possibles et les démarches à connaître.

Par La rédaction Retraite France, Équipe éditorialeMis à jour le 25 juin 202610 min de lecture
Exonération de taxe d'habitation pour personnes âgées

Depuis 2023, la taxe d'habitation sur la résidence principale est totalement supprimée pour tous les foyers, y compris les personnes âgées, et sans aucune démarche à effectuer. Concrètement, un retraité qui vit dans son propre logement ne paie plus cette taxe : la question de l'« exonération » pour le domicile principal ne se pose donc plus. En revanche, deux situations restent bien réelles et souvent source de confusion : la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (et les logements vacants), et le cas particulier d'un parent qui entre en EHPAD tout en conservant son ancien logement. C'est généralement là que les familles se posent des questions. Cet article fait le point, avec les conditions, les montants indicatifs, les démarches et les pièges à éviter.

Ce qui a changé : la taxe d'habitation principale supprimée pour tous

La réforme engagée à partir de 2018 s'est achevée en 2023 : la taxe d'habitation sur la résidence principale n'existe plus, quel que soit le niveau de revenus du foyer. Avant cette réforme, il existait des exonérations spécifiques pour les personnes âgées de condition modeste, les bénéficiaires de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité. Ces dispositifs n'ont plus lieu d'être pour le logement principal.

Autrement dit, si votre proche âgé reçoit encore un avis mentionnant une taxe d'habitation, c'est qu'il s'agit d'un autre type de bien : résidence secondaire, logement laissé vacant, ou ancien domicile désormais considéré comme tel. Selon les informations publiées par le service public, aucune démarche n'est nécessaire pour bénéficier de la suppression sur la résidence principale : elle s'applique automatiquement.

Un conseil simple : vérifiez dans l'espace particulier sur le site des impôts que le logement est bien enregistré comme résidence principale. Une erreur de qualification peut entraîner l'envoi à tort d'un avis de taxe d'habitation sur résidence secondaire, qu'il faudra alors faire corriger.

Taxe d'habitation sur résidence secondaire : ce qui reste dû

La taxe d'habitation continue de s'appliquer aux résidences secondaires et, dans certaines communes, aux logements vacants (taxe sur les logements vacants ou taxe d'habitation sur les logements vacants). Le montant dépend de la valeur locative cadastrale du bien et des taux votés par la collectivité : il peut aller de quelques centaines d'euros à plus de 1 500 € par an, parfois majoré dans les zones dites tendues.

Pour une personne âgée, le cas typique est le suivant : elle quitte son domicile pour vivre chez un enfant, en résidence senior ou en EHPAD, et son ancien logement n'est plus occupé. L'administration fiscale peut alors le requalifier en résidence secondaire ou en logement vacant, ce qui déclenche une imposition. Il existe néanmoins des dispositifs de dégrèvement ou de maintien d'avantages, détaillés plus bas.

À noter : il n'existe pas d'exonération générale de taxe d'habitation pour les résidences secondaires liée à l'âge. Les règles relèvent d'abord de la situation du logement (occupé/vacant) et, pour les anciens domiciles, des conditions de revenus.

Le cas clé : entrer en EHPAD et garder son ancien logement

C'est la situation la plus fréquente et la plus mal connue. Lorsqu'une personne entre durablement en établissement (EHPAD, USLD, maison de retraite), la loi prévoit qu'elle puisse conserver le bénéfice de certains avantages fiscaux attachés à son ancienne résidence principale, comme si elle y habitait toujours, sous réserve de remplir des conditions.

Les conditions généralement requises, à vérifier auprès du centre des finances publiques :

  • La personne est hébergée durablement en établissement de soins de longue durée ou en EHPAD ;
  • Son ancien logement reste libre de toute occupation (ou occupé par son conjoint, ou par des personnes à charge) et n'est pas loué ;
  • Ses revenus ne dépassent pas certains plafonds (revenu fiscal de référence).

Lorsque ces conditions sont réunies, l'ancien domicile peut continuer à bénéficier du régime fiscal favorable. Ce mécanisme vise à éviter que l'entrée en établissement, déjà coûteuse, n'alourdisse encore la facture fiscale de la famille. Les modalités précises et les plafonds sont décrits sur le portail officiel pour les personnes âgées et sur impots.gouv.fr.

C'est un point à anticiper au moment de l'entrée en EHPAD et de ses démarches : signaler le changement de situation à l'administration fiscale permet d'éviter des erreurs d'imposition et de faire valoir ses droits.

Seuils de revenus : comment savoir si on est concerné

Les avantages fiscaux liés au logement, pour les personnes âgées, reposent sur le revenu fiscal de référence (RFR) figurant sur l'avis d'imposition. Les seuils sont réévalués chaque année. Voici un tableau indicatif (montants à confirmer pour l'année en cours auprès de l'administration) :

SituationRevenu fiscal de référence (RFR) indicatifEffet possible
Personne seule (1 part)Environ 12 000 à 13 000 €Avantage fiscal envisageable
Couple (2 parts)Environ 18 000 à 20 000 €Avantage fiscal envisageable
Par demi-part supplémentaire+ 3 300 € environRelèvement du plafond

Ces chiffres sont donnés à titre purement indicatif et doivent être vérifiés chaque année, car ils évoluent avec la loi de finances. Le bon réflexe : consulter son RFR sur le dernier avis d'imposition, puis le comparer aux seuils publiés sur impots.gouv.fr ou demander conseil au centre des finances publiques. Une personne au minimum vieillesse se situe généralement sous ces plafonds.

Ne pas confondre avec la taxe foncière

Beaucoup de familles confondent taxe d'habitation et taxe foncière. Ce sont deux impôts différents :

  • La taxe d'habitation est due par l'occupant (désormais uniquement pour les résidences secondaires et logements vacants) ;
  • La taxe foncière est due par le propriétaire, qu'il occupe ou non le bien, et elle n'a pas été supprimée.

Pour la taxe foncière, des dispositifs spécifiques existent pour les seniors : exonération possible pour les personnes de plus de 75 ans de condition modeste sur leur résidence principale, et dégrèvement partiel pour les 65–75 ans, sous conditions de revenus. Si c'est votre cas, consultez notre page dédiée à l'exonération de taxe foncière pour les seniors pour les conditions précises et les démarches.

Cette distinction est importante car un propriétaire âgé peut être totalement libéré de taxe d'habitation (résidence principale) tout en restant redevable de la taxe foncière — sauf à demander, le cas échéant, l'exonération réservée aux seniors modestes.

Les démarches et documents à préparer

Dans la plupart des cas, vous n'avez rien à faire pour la suppression de la taxe d'habitation sur la résidence principale. Les démarches concernent surtout les situations particulières : entrée en EHPAD, logement devenu vacant, ou correction d'une erreur de qualification.

Étapes recommandées :

  1. Vérifier la qualification du logement dans l'espace particulier sur impots.gouv.fr (résidence principale, secondaire ou vacante).
  2. Signaler tout changement de situation (entrée en établissement, déménagement) via la messagerie sécurisée des impôts ou auprès du centre des finances publiques.
  3. Demander le maintien des avantages fiscaux sur l'ancien logement si la personne entre en EHPAD et remplit les conditions.
  4. Réclamer si un avis de taxe d'habitation vous paraît injustifié, dans les délais indiqués sur l'avis.

Documents à préparer :

  • Le dernier avis d'imposition (pour le revenu fiscal de référence) ;
  • L'attestation d'entrée en établissement (EHPAD, USLD) le cas échéant ;
  • Un justificatif indiquant que l'ancien logement est libre d'occupation (non loué) ;
  • Le livret de famille ou tout justificatif de la composition du foyer ;
  • Vos coordonnées et numéro fiscal pour la correspondance.

Vous pouvez réaliser ces démarches en ligne, par téléphone ou en vous rendant au guichet. Le portail pour les personnes âgées recense par ailleurs l'ensemble des aides fiscales et sociales accessibles aux seniors.

Que faire si la retraite ne suffit pas à payer l'EHPAD ?

La question fiscale est souvent le sommet de l'iceberg : derrière, c'est le coût global de l'hébergement qui inquiète les familles. Un EHPAD coûte fréquemment entre 2 000 et 3 500 € par mois selon la région et le statut de l'établissement, alors que la pension de retraite moyenne est bien inférieure. Prenons un exemple concret : une personne perçoit 1 300 € de retraite par mois et l'EHPAD facture 2 400 €. Il manque environ 1 100 € par mois. Que se passe-t-il alors ?

Le financement s'organise en cascade :

  1. Les ressources de la personne (retraite, épargne, revenus du patrimoine) sont mobilisées en premier.
  2. Les aides : l'APA en EHPAD prend en charge une partie du tarif dépendance, et l'APL/ALS peut réduire le coût de l'hébergement selon les ressources et l'établissement.
  3. L'aide sociale à l'hébergement (ASH) : dans un établissement habilité, le département peut couvrir le reste à charge si les ressources sont insuffisantes — voir notre page ASH en EHPAD.
  4. L'obligation alimentaire : les enfants (et parfois petits-enfants) peuvent être sollicités pour participer, selon leurs moyens.
  5. La récupération sur succession : les sommes versées au titre de l'ASH peuvent être récupérées par le département sur la succession.

Pour y voir clair, deux ressources utiles : notre dossier complet que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD et l'outil d'estimation du reste à charge en EHPAD, qui simule, selon les revenus, ce qui resterait réellement à financer.

ProfilRetraite mensuelleCoût EHPADReste à financer (avant aides)Pistes
Personne seule modeste1 100 €2 200 €~1 100 €APA, APL, ASH possible
Retraite moyenne1 500 €2 600 €~1 100 €APA, APL, vente/location du bien
Couple, un conjoint en EHPAD2 200 € (foyer)2 800 €variableAPA, APL, maintien des ressources du conjoint

Ces estimations sont indicatives et doivent être affinées selon l'établissement et le département.

Bien s'entourer pour décider

Les questions fiscales se mêlent souvent à un choix plus large : faut-il rester à domicile ou envisager un établissement ? Si le maintien à domicile est privilégié, des aides existent aussi (APA à domicile, crédit d'impôt pour l'emploi à domicile). Si l'entrée en établissement se profile, mieux vaut comparer les solutions et anticiper les coûts.

Pour rechercher une place adaptée près de chez vous et comparer les établissements, vous pouvez utiliser notre service trouver une place et consulter l'annuaire des établissements. Vous y verrez les structures disponibles, leur statut (public, privé, associatif) et, souvent, leurs tarifs.

Quelques erreurs à éviter :

  • Laisser un ancien logement « se requalifier » en résidence secondaire sans signaler la situation aux impôts ;
  • Confondre taxe d'habitation et taxe foncière, et passer à côté d'une exonération de taxe foncière à laquelle on a droit ;
  • Oublier de demander le maintien des avantages fiscaux lors de l'entrée en EHPAD ;
  • Ne pas activer l'ensemble des aides (APA, APL, ASH) faute d'information ;
  • Renoncer à réclamer un avis erroné dans les délais.

En résumé : la taxe d'habitation sur la résidence principale n'est plus un sujet pour les personnes âgées depuis 2023. Le vrai enjeu se déplace vers l'ancien logement en cas d'entrée en établissement, vers la taxe foncière pour les propriétaires, et surtout vers le financement global de l'hébergement. Anticiper, vérifier ses droits chaque année et se faire accompagner par le centre des finances publiques ou un point d'information local restent les meilleurs réflexes pour éviter les mauvaises surprises et alléger la charge.

Bon à savoir : ces informations sont fournies à titre indicatif et peuvent évoluer. Elles ne remplacent pas un avis médical, social ou administratif. Vérifiez toujours les informations auprès des organismes officiels et des prestataires concernés.

Questions fréquentes

La taxe d'habitation existe-t-elle encore pour les personnes âgées ?

Sur la résidence principale, non : elle est supprimée pour tous les foyers depuis 2023, sans démarche. Elle subsiste uniquement sur les résidences secondaires et certains logements vacants. Une personne âgée n'a donc plus à demander d'exonération pour son logement principal.

Mon parent entre en EHPAD : son logement devient-il imposable à la taxe d'habitation ?

Possiblement, car son ancien domicile peut être requalifié en résidence secondaire ou logement vacant. Toutefois, sous conditions de revenus et si le logement reste libre à sa disposition, il peut conserver certains avantages fiscaux. À vérifier auprès du centre des finances publiques.

Quels sont les seuils de revenus pour bénéficier d'un avantage fiscal ?

Ils dépendent du revenu fiscal de référence (RFR), réévalué chaque année. À titre indicatif, le seuil de base pour une part avoisine 12 000 à 13 000 €, majoré selon le nombre de parts. Vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr ou auprès de votre centre des finances publiques.

La taxe foncière est-elle aussi concernée ?

Oui, mais avec des règles distinctes. Les personnes de plus de 75 ans de condition modeste peuvent être exonérées de taxe foncière sur leur résidence principale, et un dégrèvement est possible entre 65 et 75 ans. Voir notre page dédiée à l'exonération de taxe foncière.

Faut-il faire une démarche pour la suppression de la taxe d'habitation principale ?

Non. La suppression sur la résidence principale est automatique. Aucune demande n'est nécessaire. Vérifiez simplement que votre logement est bien déclaré comme résidence principale dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr.

Que faire si la retraite ne suffit pas à payer l'EHPAD ?

Plusieurs aides peuvent se cumuler : APA pour la dépendance, APL/ALS pour l'hébergement, puis l'aide sociale à l'hébergement (ASH) dans les établissements habilités. En dernier recours, l'obligation alimentaire des proches peut être sollicitée. Estimez le reste à charge avec notre outil dédié.

Une personne en maison de retraite paie-t-elle la taxe d'habitation de sa chambre ?

En général non pour le résident, car la chambre en EHPAD n'est pas une résidence à titre privatif soumise à la taxe d'habitation au nom de l'occupant. Le sujet concerne surtout l'ancien logement conservé. À confirmer selon la situation auprès des finances publiques.

Comment contester une taxe d'habitation que je juge injustifiée ?

Vous pouvez déposer une réclamation depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr ou auprès de votre centre des finances publiques, en joignant les justificatifs (entrée en EHPAD, revenus, situation du logement). Les délais de réclamation sont indiqués sur l'avis d'imposition.

Sources

Ressources utiles

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