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Demande d'aide sociale à l'hébergement : formulaire et pièces à fournir

Aide sociale à l'hébergement (ASH) : quel formulaire, quelles pièces à fournir et où déposer le dossier au CCAS ou au département. Guide pas à pas.

Par La rédaction Retraite France, Équipe éditorialeMis à jour le 17 août 20269 min de lecture
Demande d'aide sociale à l'hébergement : formulaire et pièces à fournir

Pour demander l'aide sociale à l'hébergement (ASH), vous devez retirer le formulaire auprès du CCAS de la mairie du domicile de la personne âgée (ou directement au conseil départemental), le compléter, y joindre les pièces justificatives demandées, puis le déposer au CCAS qui transmet le dossier au conseil départemental, seul décideur. Il n'existe pas de cerfa national unique : chaque département édite son propre formulaire, avec sa propre liste de pièces. Cet article vous guide pas à pas — formulaire, documents, dépôt, délais et pièges à éviter — pour constituer un dossier complet et éviter les allers-retours qui retardent l'aide.

Qu'est-ce que l'ASH et qui peut en bénéficier ?

L'aide sociale à l'hébergement est une prestation versée par le conseil départemental pour financer, en tout ou partie, le tarif hébergement d'une personne âgée qui ne peut pas le payer avec ses seules ressources. Elle concerne l'accueil en EHPAD, en résidence autonomie, en unité de soins de longue durée (USLD) ou en accueil familial, à condition que la structure soit habilitée à l'aide sociale.

Pour en bénéficier, plusieurs conditions sont généralement exigées (à vérifier auprès de votre département) :

  • Être âgé d'au moins 65 ans (ou 60 ans en cas d'inaptitude au travail) ;
  • Résider en France de façon stable et régulière ;
  • Avoir des ressources insuffisantes pour couvrir les frais d'hébergement ;
  • Séjourner dans un établissement habilité à l'aide sociale.

Point essentiel : l'ASH n'est pas une aide « gratuite ». C'est une avance récupérable. Le département peut récupérer les sommes versées sur la succession du bénéficiaire, et il tient compte de l'obligation alimentaire des proches (enfants notamment). Pour bien comprendre le mécanisme d'ensemble, consultez notre dossier détaillé sur l'aide sociale à l'hébergement en EHPAD et la page sur la récupération sur succession.

Selon les chiffres publics (pour-les-personnes-agees.gouv.fr), l'ASH reste l'un des principaux filets de sécurité pour les personnes dont la retraite ne couvre pas le coût d'un hébergement.

Le formulaire ASH : où le trouver et comment le remplir

Contrairement à l'APA ou à certaines aides nationales, l'ASH ne repose pas sur un cerfa unique. Chaque conseil départemental fixe son propre modèle de dossier. Concrètement, vous pouvez :

  1. Vous rendre au CCAS (Centre communal d'action sociale) de la mairie du domicile : c'est le point d'entrée le plus courant. L'agent remet le formulaire et explique les pièces à joindre.
  2. Contacter le service d'aide sociale du conseil départemental : de nombreux départements mettent le formulaire en téléchargement sur leur site.
  3. Demander de l'aide à l'assistante sociale de l'établissement ou de l'hôpital, qui connaît les modèles locaux.

Le formulaire demande en général : l'identité et l'adresse du demandeur, sa situation familiale, l'établissement d'accueil (nom, adresse, date d'entrée), le détail de ses ressources et de son patrimoine, et la liste des obligés alimentaires (enfants, parfois gendres, belles-filles et petits-enfants selon les départements).

Remplissez-le lisiblement et complètement : une rubrique vide ou une pièce manquante rallonge fortement l'instruction. En cas de doute, faites-vous accompagner par le CCAS ou par le service social — c'est gratuit.

Documents à préparer

La liste précise varie d'un département à l'autre, mais voici les pièces le plus souvent réclamées. Rassemblez-les avant de déposer le dossier :

Concernant la personne âgée :

  • Pièce d'identité (carte nationale, passeport) ou titre de séjour en cours de validité ;
  • Livret de famille ;
  • Justificatif de domicile récent ;
  • Dernier avis d'imposition ou de non-imposition ;
  • Justificatifs de toutes les ressources : pensions de retraite, réversion, rentes, revenus fonciers, etc. ;
  • Relevés de comptes bancaires, livrets d'épargne, assurance-vie ;
  • Justificatifs de patrimoine immobilier (taxe foncière, acte de propriété) ;
  • Contrat de séjour ou attestation d'entrée en établissement, avec le tarif hébergement ;
  • Notification de l'APA si elle a déjà été attribuée ;
  • RIB.

Concernant les obligés alimentaires (enfants, etc.) :

  • Justificatifs d'identité et de domicile ;
  • Derniers avis d'imposition ;
  • Justificatifs de ressources et de charges (loyer, crédits, enfants à charge).

Conseil pratique : préparez deux jeux de copies et conservez l'original. Datez et notez la date de dépôt. Si vous cherchez un établissement compatible, notre annuaire et notre service pour trouver une place permettent de repérer les structures habilitées à l'aide sociale.

Où et comment déposer le dossier : étape par étape

Voici la marche à suivre type. Les délais et modalités exactes sont à confirmer localement.

  1. Retirer et compléter le formulaire auprès du CCAS ou du département.
  2. Rassembler les pièces justificatives (voir liste ci-dessus).
  3. Déposer le dossier complet au CCAS de la commune de résidence (ou au CIAS intercommunal). Le CCAS émet un avis et transmet au conseil départemental.
  4. Instruction par le département : vérification des ressources, calcul de la participation du résident et sollicitation éventuelle des obligés alimentaires.
  5. Décision notifiée par le président du conseil départemental, avec le montant et la durée d'attribution. L'aide prend souvent effet à la date d'entrée en établissement (rétroactivité possible).
  6. En cas de refus ou de désaccord, un recours est possible (recours administratif préalable, puis juridiction compétente).

Déposez la demande le plus tôt possible : dans plusieurs départements, la rétroactivité est limitée (par exemple aux deux mois précédant la demande). Selon service-public.fr, le silence de l'administration au-delà d'un certain délai peut valoir décision, mais mieux vaut relancer et garder une preuve de dépôt.

Comment l'ASH est calculée : reste à charge et participation

Lorsque l'ASH est accordée, la logique est la suivante : la personne âgée reverse l'essentiel de ses ressources à l'établissement, le département complète, et les proches peuvent participer.

En pratique, la personne conserve un minimum de ressources personnelles (souvent présenté comme environ 10 % de ses revenus, avec un plancher mensuel fixé réglementairement — montant indicatif à vérifier). Le reste, soit environ 90 %, est affecté au paiement de l'hébergement. Le département prend en charge la différence entre ce total (résident + obligés alimentaires) et le tarif hébergement de l'établissement.

Pour estimer votre situation avant de vous lancer, utilisez notre simulateur de reste à charge en EHPAD et consultez notre page sur le reste à charge en EHPAD. Attention : l'ASH couvre le tarif hébergement, pas le tarif dépendance (financé par l'APA) ni les soins (assurance maladie).

Que faire si les revenus ou la retraite ne suffisent pas ?

C'est la question la plus fréquente et la plus angoissante. Lorsque la retraite ne couvre pas le coût de l'EHPAD, il existe une cascade d'aides à activer dans l'ordre :

  1. Les ressources du résident : pensions, épargne disponible, revenus locatifs.
  2. L'APA en établissement pour le tarif dépendance, et l'APL ou l'ALS pour une partie du tarif hébergement (selon l'établissement et les ressources). Voir nos pages APA en EHPAD et APL en EHPAD.
  3. L'ASH dans un établissement habilité, quand les ressources restent insuffisantes.
  4. L'obligation alimentaire des proches : le département peut solliciter les enfants (parfois petits-enfants) pour compléter, selon leurs moyens. Notre dossier sur l'obligation alimentaire en EHPAD détaille les règles et les recours.
  5. La récupération sur succession : les sommes versées au titre de l'ASH peuvent être reprises sur l'héritage.

Prenons un exemple chiffré (montants indicatifs). Un résident perçoit 1 300 € de retraite. L'EHPAD habilité facture un tarif hébergement de 2 100 €/mois. Après reversement d'environ 90 % de sa retraite (soit ~1 170 €), il manque environ 930 €. Le département, via l'ASH, complète cette somme, après avoir éventuellement demandé une participation aux enfants selon leurs ressources. Autre profil : une personne seule avec 900 € de retraite dans un établissement à 1 900 € ; le reste à combler par l'ASH et l'obligation alimentaire avoisine 1 100 €/mois.

Pour approfondir toutes les solutions, notre guide que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD détaille chaque piste. Vous pouvez aussi vérifier votre GIR et vos droits sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr et sur cnsa.fr.

Tableau récapitulatif : situations et estimations

Le tableau ci-dessous illustre, à titre indicatif, comment se répartit le financement selon la retraite du résident. Chiffres illustratifs à confirmer selon l'établissement et le département.

Retraite mensuelleTarif hébergementReversement résident (~90 %)Complément à trouver (ASH + obligés)
900 €1 900 €~810 €~1 090 €
1 100 €2 000 €~990 €~1 010 €
1 300 €2 100 €~1 170 €~930 €
1 600 €2 300 €~1 440 €~860 €

Ces estimations montrent que l'ASH intervient quel que soit le niveau de retraite modeste, mais que la participation des proches et la récupération sur succession entrent en jeu. Selon ameli.fr, les soins médicaux restent pris en charge par l'assurance maladie et n'apparaissent pas dans le tarif hébergement.

Les erreurs à éviter

  • Choisir un établissement non habilité à l'aide sociale : l'ASH ne pourra pas financer l'hébergement. Vérifiez systématiquement ce point avant l'entrée.
  • Déposer un dossier incomplet : chaque pièce manquante suspend l'instruction. Reprenez la liste du département point par point.
  • Attendre trop longtemps : la rétroactivité est souvent limitée. Déposez dès l'entrée, voire avant.
  • Oublier de déclarer les obligés alimentaires : le département les recherchera de toute façon ; les omettre retarde le dossier.
  • Ignorer la récupération sur succession : informez la famille en amont pour éviter les mauvaises surprises. Notre page récupération sur succession explique les règles.
  • Confondre les tarifs : l'ASH couvre l'hébergement, pas la dépendance (APA) ni les soins.

Si vous hésitez encore entre domicile et établissement, ou si vous devez agir vite, appuyez-vous sur nos ressources dédiées et n'hésitez pas à solliciter le CCAS, l'assistante sociale de l'hôpital ou un point d'information local. Un dossier bien préparé, déposé au bon moment, est la meilleure garantie d'obtenir l'aide dans les délais.

En résumé : votre prochaine étape

Commencez par vérifier que l'établissement visé est habilité à l'aide sociale, retirez le formulaire au CCAS, rassemblez les justificatifs de ressources et de patrimoine (du résident et des obligés alimentaires), puis déposez le dossier complet sans tarder. En parallèle, estimez votre reste à charge avec notre simulateur et explorez les autres aides mobilisables. L'ASH est un droit : bien accompagnée, la démarche est tout à fait accessible.

Bon à savoir : ces informations sont fournies à titre indicatif et peuvent évoluer. Elles ne remplacent pas un avis médical, social ou administratif. Vérifiez toujours les informations auprès des organismes officiels et des prestataires concernés.

Questions fréquentes

Où trouver le formulaire d'aide sociale à l'hébergement ?

Il n'existe pas de cerfa national unique : le formulaire est fourni par le CCAS de la mairie du domicile ou par le conseil départemental. Selon les départements, il est téléchargeable en ligne ou remis en main propre. Renseignez-vous auprès du CCAS ou du service d'aide sociale départemental.

Quelles sont les principales pièces à fournir ?

En général : pièce d'identité, livret de famille, justificatif de domicile, dernier avis d'imposition, relevés de comptes et livrets, justificatifs de retraite et de pension, informations sur le patrimoine (biens immobiliers), ainsi que les coordonnées et ressources des obligés alimentaires. La liste exacte est fixée par le département.

Les enfants doivent-ils payer pour l'ASH ?

Oui, en principe. L'ASH tient compte de l'obligation alimentaire : le département peut solliciter les enfants, et parfois les petits-enfants, pour participer selon leurs ressources. Le juge aux affaires familiales peut être saisi en cas de désaccord. Certains départements ont supprimé la sollicitation des petits-enfants : à vérifier localement.

Que faire si la retraite ne suffit pas à payer l'EHPAD ?

C'est précisément le rôle de l'ASH : elle complète les ressources du résident et l'aide des proches pour couvrir le tarif hébergement d'un établissement habilité. Vérifiez d'abord vos droits à l'APA, à l'APL/ALS, puis demandez l'ASH auprès du CCAS. Vous pouvez estimer le reste à charge avec notre simulateur.

L'ASH est-elle récupérable sur la succession ?

Oui. Les sommes versées au titre de l'ASH constituent une avance récupérable : le département peut les récupérer sur la succession du bénéficiaire, dès le premier euro dans la plupart des cas. Les modalités varient : renseignez-vous auprès du service d'aide sociale départemental.

Combien de temps faut-il pour obtenir une réponse ?

Le délai d'instruction est variable, souvent de deux à quatre mois selon les départements. L'aide peut être attribuée avec effet rétroactif à la date d'entrée en établissement ou de dépôt de la demande. Déposez le dossier le plus tôt possible et conservez une copie datée.

Faut-il que l'EHPAD soit habilité à l'aide sociale ?

Oui, c'est une condition essentielle. L'ASH ne peut financer l'hébergement que dans un établissement habilité à l'aide sociale (totalement ou partiellement). Vérifiez ce point avant l'entrée, car de nombreux établissements privés commerciaux ne le sont pas ou ne le sont que pour quelques places.

Peut-on demander l'ASH pour une aide à domicile ?

L'aide sociale à l'hébergement concerne l'accueil en établissement (EHPAD, résidence autonomie, accueil familial). Pour le maintien à domicile, d'autres dispositifs existent, comme l'aide-ménagère au titre de l'aide sociale départementale ou l'APA à domicile. Renseignez-vous auprès du CCAS.

Sources

Ressources utiles

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