Crédit d'impôt pour les personnes de 70 ans et plus
Crédit d'impôt à 70 ans : existe-t-il un avantage fiscal lié à l'âge ? On fait le point sur le crédit d'impôt aide à domicile, les plafonds et les démarches.
Relu et vérifié le 10 juin 2026 par La rédaction Retraite France

À 70 ans, il n'existe pas de crédit d'impôt déclenché par l'âge lui-même. En clair : avoir 70 ans ne donne pas droit, à lui seul, à une réduction d'impôt automatique. En revanche, le principal avantage fiscal utile aux seniors — et souvent confondu avec un « crédit d'impôt 70 ans » — est le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile, égal à 50 % des dépenses, accessible à tout le monde, y compris aux personnes non imposables. À cela s'ajoutent, selon l'âge et les ressources, un abattement sur le revenu après 65 ans et des exonérations possibles de taxes locales après 75 ans. Cet article fait le point, avec des montants indicatifs à vérifier auprès des organismes compétents.
Y a-t-il vraiment un « crédit d'impôt 70 ans » ?
Beaucoup de familles recherchent un « crédit d'impôt à partir de 70 ans » en pensant qu'un seuil d'âge ouvre un droit spécifique. C'est une confusion fréquente. Le code général des impôts ne prévoit aucun crédit d'impôt réservé aux personnes de 70 ans.
Ce qui existe réellement, ce sont des dispositifs dont les personnes âgées bénéficient largement :
- le crédit d'impôt « services à la personne » (50 % des dépenses d'aide à domicile), qui n'a pas de condition d'âge ;
- un abattement sur le revenu imposable à partir de 65 ans, sous conditions de ressources ;
- des exonérations ou dégrèvements de taxe foncière et de contribution à l'audiovisuel à partir de 75 ans, sous conditions.
Autrement dit, l'âge joue un rôle, mais ce sont surtout la situation et les revenus qui déclenchent les avantages. Pour bien s'y retrouver dans l'ensemble des dispositifs, notre panorama des aides financières est un bon point de départ.
Le crédit d'impôt emploi à domicile : l'avantage le plus puissant
C'est le dispositif central pour les personnes âgées vivant chez elles. Lorsqu'une personne emploie un salarié à domicile — directement ou via un organisme — elle bénéficie d'un crédit d'impôt égal à 50 % des sommes engagées, dans la limite de plafonds annuels.
La grande force de ce dispositif : depuis 2017, il s'agit d'un crédit d'impôt et non d'une simple réduction. Concrètement, si vous n'êtes pas imposable, l'État vous rembourse la moitié de vos dépenses par virement. C'est décisif pour les nombreux retraités modestes qui financent une aide à domicile.
Les services concernés sont nombreux :
- aide-ménagère, ménage, repassage ;
- assistance aux personnes âgées ou dépendantes (hors soins) assurée par une auxiliaire de vie ;
- préparation des repas à domicile ;
- petit jardinage et petit bricolage ;
- assistance informatique et administrative à domicile.
Pour estimer votre avantage selon votre situation, vous pouvez utiliser notre outil dédié au crédit d'impôt aide à domicile. Pour comprendre les différentes formules d'intervention, consultez aussi notre dossier sur l'aide à domicile.
Plafonds et dépenses concernées : le tableau récapitulatif
Le crédit d'impôt s'applique dans la limite d'un plafond annuel de dépenses, qui dépend de votre situation familiale et de l'âge des membres du foyer. Voici les repères, indicatifs et à vérifier auprès de l'administration fiscale.
| Situation | Plafond de dépenses (indicatif) | Crédit d'impôt maximal (50 %) |
|---|---|---|
| Cas général | 12 000 € / an | 6 000 € |
| Majoration par personne à charge ou membre du foyer de 65 ans et + | + 1 500 € (plafond global limité) | + 750 € |
| Plafond majoré maximal | 15 000 € / an | 7 500 € |
| Première année d'emploi direct | jusqu'à 18 000 € | 9 000 € |
| Foyer avec personne titulaire de la carte mobilité inclusion mention « invalidité » | 20 000 € | 10 000 € |
Certaines prestations ont des plafonds spécifiques annuels inclus dans le plafond global : par exemple, environ 5 000 € pour le petit jardinage, 3 000 € pour l'assistance informatique et 500 € pour le petit bricolage. Ces montants sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer chaque année ; vérifiez-les sur impots.gouv.fr ou service-public.fr.
Point essentiel souvent oublié : les aides perçues (APA, aides de la caisse de retraite, participations de la mutuelle) doivent être déduites des dépenses avant calcul. Le crédit d'impôt ne porte que sur le montant resté réellement à votre charge.
Les autres avantages fiscaux après 65 et 75 ans
Au-delà du crédit d'impôt aide à domicile, l'âge ouvre d'autres dispositifs, sous conditions de ressources.
Abattement sur le revenu (à partir de 65 ans). Les personnes âgées de plus de 65 ans au 31 décembre de l'année d'imposition bénéficient d'un abattement sur leur revenu net global lorsque celui-ci ne dépasse pas un certain seuil. À titre indicatif, l'abattement est de l'ordre de 2 700 € environ pour les revenus les plus modestes, et de moitié pour une tranche intermédiaire. Il est doublé si les deux conjoints ont plus de 65 ans. Les seuils sont réévalués chaque année.
Exonération ou dégrèvement de taxe foncière (à partir de 75 ans). Les personnes de plus de 75 ans au 1er janvier peuvent être exonérées de taxe foncière sur leur résidence principale, sous condition de revenu fiscal de référence. Entre 65 et 75 ans, un dégrèvement d'un montant forfaitaire peut s'appliquer. Là encore, tout dépend des ressources : il faut vérifier votre situation auprès du centre des finances publiques.
Bénéficiaires de l'Aspa ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité. Les titulaires de ces minima sociaux peuvent être exonérés de plusieurs taxes locales. Pour savoir si vous y avez droit, notre simulateur Aspa donne une première estimation.
Ces mécanismes se cumulent : un même foyer peut profiter à la fois du crédit d'impôt aide à domicile, de l'abattement sur le revenu et d'une exonération de taxe foncière. Pour une vue d'ensemble de vos protections, notre rubrique droits recense les principaux dispositifs.
Adaptation du logement : un crédit d'impôt distinct
Il existe par ailleurs des aides fiscales liées à l'adaptation du logement au vieillissement ou au handicap (installation d'équipements sanitaires spécifiques, par exemple). Ce dispositif a évolué et s'articule désormais largement avec les aides de l'Anah, comme MaPrimeAdapt'.
Si vous envisagez des travaux pour sécuriser le domicile d'un parent — barre d'appui, douche de plain-pied, monte-escalier — consultez d'abord notre guide adaptation du logement, car les conditions et les aides cumulables sont précises et évoluent souvent. Ne supposez jamais qu'un équipement ouvre droit à un avantage fiscal sans l'avoir vérifié au préalable.
Comment en bénéficier : les démarches étape par étape
Le crédit d'impôt aide à domicile s'obtient au moment de la déclaration de revenus, l'année suivant les dépenses. Voici la marche à suivre.
Étape 1 – Choisir un mode d'emploi déclaré. Trois possibilités : l'emploi direct (vous êtes l'employeur), le recours à un service mandataire, ou le passage par un organisme prestataire agréé. Dans tous les cas, l'emploi doit être déclaré pour ouvrir droit au crédit d'impôt.
Étape 2 – Déclarer le salarié (emploi direct). Si vous employez directement, le CESU (Chèque emploi service universel) simplifie tout : déclaration en ligne, calcul des cotisations et édition de l'attestation fiscale. Le service d'avance immédiate permet en outre de ne régler que la moitié du coût.
Étape 3 – Conserver les justificatifs. Chaque année, le CESU ou l'organisme prestataire vous remet une attestation fiscale indiquant le montant à déclarer. Conservez-la, ainsi que les factures, en cas de demande de l'administration.
Étape 4 – Reporter le montant sur la déclaration. Indiquez les sommes versées (nettes des aides perçues) dans la rubrique « emploi d'un salarié à domicile » de votre déclaration de revenus.
Étape 5 – Recevoir l'avance et le solde. En janvier, un acompte de 60 % du crédit d'impôt de l'année précédente est versé automatiquement. Le solde intervient à l'été, après traitement de la déclaration.
Si la personne âgée envisage plutôt un hébergement, sachez qu'une réduction d'impôt spécifique existe pour les frais de dépendance et d'hébergement en EHPAD. Pour anticiper le budget, notre outil de calcul du reste à charge en EHPAD et notre annuaire des établissements vous aideront à comparer concrètement les solutions.
Les erreurs à éviter
Quelques pièges reviennent régulièrement et peuvent coûter cher :
- Oublier de déduire les aides. Déclarer le montant brut sans retrancher l'APA ou les aides de la caisse de retraite expose à un redressement.
- Penser qu'il faut être imposable. Faux : le crédit d'impôt est remboursé même aux non-imposables. Beaucoup de retraités modestes ne le réclament pas par méconnaissance.
- Employer « au noir ». Sans déclaration, aucun avantage fiscal, et une responsabilité d'employeur engagée en cas d'accident.
- Confondre réduction et crédit d'impôt. Pour l'aide à domicile, il s'agit bien d'un crédit ; pour l'EHPAD, d'une réduction (non remboursée si l'on n'est pas imposable).
- Négliger l'attestation fiscale. Sans ce document, impossible de justifier les montants déclarés.
En cas de doute sur un cas particulier (succession, foyer fiscal complexe, cumul d'aides), rapprochez-vous de votre centre des finances publiques ou d'un point d'information local, plutôt que de vous fier à une règle générale.
En résumé : agir selon votre situation
Il n'existe pas de « crédit d'impôt 70 ans », mais un ensemble cohérent d'avantages dont les personnes âgées profitent pleinement. Le réflexe le plus rentable reste d'activer le crédit d'impôt de 50 % sur l'aide à domicile, accessible quel que soit le niveau d'imposition, puis de vérifier l'abattement sur le revenu après 65 ans et les exonérations de taxes locales après 75 ans.
Chaque situation étant différente, les montants cités ici sont indicatifs et doivent être confirmés auprès des organismes compétents. Prenez le temps de chiffrer votre cas réel : c'est souvent à ce moment-là que des centaines, voire des milliers d'euros d'avantages non réclamés apparaissent. Pour aller plus loin, vous pouvez retrouver l'ensemble des sources officielles sur Service-Public.fr, impots.gouv.fr, le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr, le site du CESU - Urssaf et, pour les questions liées aux soins et à la prise en charge, ameli.fr.
Questions fréquentes
Existe-t-il un crédit d'impôt spécifique aux personnes de 70 ans et plus ?
Non. La fiscalité française ne prévoit pas de crédit d'impôt déclenché par le seul fait d'avoir 70 ans. En revanche, l'âge ouvre l'accès à plusieurs avantages : le crédit d'impôt de 50 % sur l'emploi à domicile (accessible à tous), un abattement sur le revenu après 65 ans sous conditions de ressources, et des exonérations possibles de taxe foncière après 75 ans. Les conditions sont à vérifier auprès de l'administration fiscale.
Le crédit d'impôt aide à domicile s'applique-t-il si je ne paie pas d'impôt ?
Oui. Depuis 2017, il s'agit d'un véritable crédit d'impôt : si vous n'êtes pas imposable ou si l'avantage dépasse votre impôt, la différence vous est remboursée par virement. C'est un point essentiel pour de nombreux retraités non imposables qui emploient une aide à domicile.
Quel est le plafond de dépenses pris en compte ?
Le plafond est en général de 12 000 € de dépenses par an, soit un crédit maximal de 6 000 €. Il est majoré selon la situation (personne à charge, plus de 65 ans dans le foyer) jusqu'à 15 000 €, voire 18 000 € la première année d'emploi. Des plafonds spécifiques s'appliquent au jardinage et au petit bricolage. Montants indicatifs, à confirmer auprès des impôts.
Faut-il avancer l'argent puis attendre le remboursement ?
Pas nécessairement. Le service « avance immédiate » de l'Urssaf permet, pour certaines prestations à domicile, de ne payer que la moitié du coût, l'autre moitié étant directement prise en charge. Par ailleurs, un acompte de 60 % du crédit de l'année précédente est versé chaque mois de janvier.
L'APA ou d'autres aides réduisent-elles le crédit d'impôt ?
Oui. Les sommes versées par des aides (APA, aides de la caisse de retraite, etc.) doivent être déduites des dépenses déclarées : le crédit d'impôt ne porte que sur le montant réellement resté à votre charge. Déclarer le montant brut sans déduire ces aides constitue une erreur fréquente.
Quelles dépenses dois-je déclarer et où ?
Vous déclarez les sommes versées pour l'emploi à domicile (salaire, cotisations ou facture de l'organisme) dans la rubrique dédiée de la déclaration de revenus. Conservez l'attestation fiscale annuelle remise par le CESU ou l'organisme agréé : elle indique le montant à reporter et doit pouvoir être présentée en cas de contrôle.
Sources
Ressources utiles
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