Aller au contenu
Retraite France

EHPAD & maison de retraite

Reste à charge en EHPAD : exemple concret et comment le réduire

Reste à charge en EHPAD : un exemple chiffré après APA, APL et aides, avec les leviers concrets pour le réduire. Montants indicatifs à vérifier.

Par La rédaction Retraite France, Équipe éditorialeMis à jour le 13 septembre 202610 min de lecture
Reste à charge en EHPAD : exemple concret et comment le réduire

Le reste à charge en EHPAD, c'est la somme réellement à payer chaque mois par le résident (et parfois ses proches) une fois toutes les aides déduites : selon la situation, il se situe le plus souvent entre 1 800 et 2 500 € par mois, mais il peut être plus élevé dans le privé et dans les grandes villes. Pour un EHPAD facturé 2 400 €/mois à une personne touchant 1 300 € de retraite, il peut rester environ 1 600 à 1 900 € à financer après APA et APL — d'où l'importance de connaître chaque levier de réduction. Ces montants sont indicatifs et à vérifier auprès de l'établissement et du conseil départemental.

Dans cet article, nous partons d'un cas chiffré concret, puis nous détaillons les aides mobilisables et les leviers pour alléger la facture, y compris lorsque les revenus ne suffisent pas.

Comprendre les 3 composantes de la facture EHPAD

Une facture d'EHPAD n'est pas un prix unique : elle se décompose en trois tarifs, ce qui change tout pour le calcul du reste à charge.

  • Le tarif hébergement : logement, repas, entretien, animation, administration. C'est la part la plus lourde, entièrement à la charge du résident (sauf aides au logement et ASH). En moyenne, on observe souvent 60 à 90 €/jour selon les établissements.
  • Le tarif dépendance : il couvre l'aide dans les gestes du quotidien. Il dépend du GIR (niveau de perte d'autonomie, de GIR 1 très dépendant à GIR 6 autonome). L'APA vient réduire cette part.
  • Le tarif soins : pris en charge par l'Assurance maladie, il n'apparaît pas dans votre reste à charge.

Concrètement, le résident paie l'hébergement + une partie de la dépendance (le "ticket modérateur dépendance", correspondant au tarif GIR 5-6, reste toujours dû). Pour comprendre le détail de chaque poste, consultez notre guide combien coûte un EHPAD. Selon pour-les-personnes-agees.gouv.fr, cette tarification est encadrée et fixée annuellement par le conseil départemental pour les établissements habilités.

Exemple concret : le cas de Madame M.

Prenons une situation réaliste pour illustrer un reste à charge en EHPAD.

Le profil : Madame M., 86 ans, veuve, classée en GIR 2 (dépendance importante). Elle perçoit 1 300 € de retraite par mois. Elle entre dans un EHPAD public dont la facture s'établit ainsi :

  • Tarif hébergement : 65 €/jour, soit environ 1 977 €/mois
  • Tarif dépendance GIR 2 : 22 €/jour, soit environ 669 €/mois
  • Ticket modérateur dépendance (part GIR 5-6, toujours dû) : environ 5,50 €/jour, soit 167 €/mois

Coût affiché total avant aides : environ 2 646 €/mois (hébergement + dépendance GIR 2).

Voyons maintenant l'effet des aides.

PosteMontant mensuel (indicatif)
Tarif hébergement1 977 €
Tarif dépendance GIR 2669 €
Coût total avant aides2 646 €
– APA en établissement (couvre la dépendance au-delà du ticket modérateur)– 502 €
– APL (selon revenus et loyer conventionné)– 180 €
Reste à charge estimé≈ 1 964 €

Après APA et APL, il reste donc environ 1 964 €/mois à financer, alors que la retraite de Madame M. est de 1 300 €. Il manque environ 660 €/mois. C'est un cas très fréquent : la retraite ne couvre pas seule le reste à charge. Nous verrons plus bas les solutions (épargne, aide des proches, ASH).

Ces chiffres sont des estimations pédagogiques. Les tarifs, le montant de l'APA (qui dépend des revenus et du GIR) et de l'APL varient d'un établissement et d'un département à l'autre. Pour une estimation adaptée à votre situation, utilisez notre simulateur de reste à charge.

Les aides qui réduisent le reste à charge

Trois dispositifs principaux, cumulables, permettent d'alléger la facture. Ils ne sont pas automatiques : il faut en faire la demande.

1. L'APA en établissement (Allocation personnalisée d'autonomie). Elle prend en charge une partie du tarif dépendance, en fonction du GIR et des ressources. Elle est versée soit directement à l'établissement, soit au résident. Elle n'est pas récupérable sur la succession. Détails sur notre page APA en EHPAD.

2. Les aides au logement (APL ou ALS). Versées par la CAF pour les établissements conventionnés, elles dépendent des revenus, du montant de l'hébergement et de la localisation. Selon la CAF, il faut en faire la demande dès l'entrée. Voir notre page APL en EHPAD.

3. L'ASH (Aide sociale à l'hébergement). Versée par le conseil départemental pour les établissements habilités, elle complète le financement quand les ressources du résident ne suffisent pas. Attention : elle est récupérable sur la succession et fait intervenir l'obligation alimentaire des proches.

À ces aides s'ajoute un levier fiscal souvent oublié : la réduction d'impôt.

Le levier fiscal : la réduction d'impôt EHPAD

Si le résident est imposable, il peut bénéficier d'une réduction d'impôt égale à 25 % des dépenses d'hébergement et de dépendance (après déduction des aides perçues), dans la limite de 10 000 € de dépenses par an et par personne, soit une réduction maximale de 2 500 €/an.

Exemple : un résident acquitte 22 000 € de frais d'hébergement + dépendance sur l'année. Le plafond étant de 10 000 €, la réduction est de 25 % × 10 000 = 2 500 €, soit environ 208 € par mois d'allègement réel de l'effort financier.

Attention, ce dispositif ne bénéficie qu'aux personnes imposables : une personne non imposable ne récupère rien. Les règles exactes sont détaillées sur impots.gouv.fr. Pour aller plus loin, consultez notre guide réduction d'impôt EHPAD.

Comment réduire concrètement le reste à charge : 7 leviers

Voici les leviers actionnables, du plus simple au plus structurant.

  1. Vérifier que toutes les aides sont demandées. Beaucoup de familles oublient l'APL ou ne réévaluent pas l'APA après un changement de GIR. Un simple oubli peut représenter 150 à 300 €/mois.
  2. Choisir un établissement habilité à l'aide sociale. C'est indispensable pour pouvoir mobiliser l'ASH si les revenus baissent ou si l'épargne s'épuise.
  3. Comparer public et privé. L'écart de tarif hébergement peut atteindre 800 à 1 500 €/mois. Notre comparatif EHPAD public / privé aide à arbitrer.
  4. Optimiser la fiscalité avec la réduction d'impôt (voir plus haut) si le résident est imposable.
  5. Regarder d'autres solutions d'hébergement si le niveau de dépendance le permet : résidence autonomie, accueil familial, hébergement temporaire. Parfois le reste à charge est moindre.
  6. Mobiliser l'épargne et le patrimoine de façon raisonnée (assurance-vie, location du logement plutôt que vente précipitée).
  7. Se faire accompagner par le CCAS de la commune ou un assistant social : ils connaissent les aides locales (certains départements ou caisses de retraite proposent des compléments).

Pour identifier un établissement adapté à votre budget et vérifier son habilitation à l'aide sociale, appuyez-vous sur notre annuaire des établissements.

Que faire si les revenus ou la retraite ne suffisent pas ?

C'est la question la plus fréquente et la plus angoissante. La règle, en France, est une cascade de financement : on mobilise les ressources puis les aides, dans un ordre précis.

  1. Les ressources du résident. Retraites, revenus, épargne disponible. La loi laisse toujours au résident un minimum d'"argent de poche" (au moins 1 % du minimum vieillesse annuel, soit une petite centaine d'euros/mois) qui ne peut être capté par l'établissement.
  2. Les aides : APA + APL/ALS. Elles réduisent d'abord le reste à charge, comme dans l'exemple de Madame M.
  3. Un établissement habilité à l'ASH. Si, malgré tout, le compte n'y est pas, il faut être dans un établissement habilité à l'aide sociale, puis déposer une demande d'ASH auprès du conseil départemental. L'ASH complète alors la différence.
  4. L'obligation alimentaire des proches. Lors de la demande d'ASH, le département évalue la capacité contributive des obligés alimentaires (enfants, parfois petits-enfants, gendres et belles-filles). Chacun peut être appelé à verser une part, selon ses revenus. En cas de litige, le juge aux affaires familiales fixe les montants. Détails sur notre page obligation alimentaire EHPAD.
  5. La récupération sur succession. Les sommes versées au titre de l'ASH sont récupérables sur la succession du bénéficiaire après son décès. Ce n'est pas le cas de l'APA.

Cette mécanique est expliquée par le service public. Notre dossier complet que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD détaille chaque étape et les erreurs à éviter (par exemple ne pas attendre que les dettes s'accumulent avant de demander l'ASH).

Reprenons Madame M. : il lui manque 660 €/mois. Si son épargne permet de combler cet écart quelques années, elle finance elle-même. Si son épargne s'épuise, elle peut demander l'ASH ; ses deux enfants pourront alors être sollicités au titre de l'obligation alimentaire, et le département récupérera l'ASH sur sa succession. D'où l'intérêt d'anticiper et de choisir dès le départ un établissement habilité.

Reste à charge selon le profil : tableau récapitulatif

Voici des estimations indicatives pour trois profils, dans un EHPAD à tarif moyen (hébergement ~2 000 €/mois, GIR 2). Montants à vérifier au cas par cas.

ProfilRetraite mensuelleReste à charge après APA/APLSolution principale
Retraite modeste1 000 €≈ 1 900 €ASH + obligation alimentaire probable
Retraite moyenne1 500 €≈ 1 850 €Épargne + réduction d'impôt, ASH si épuisement
Retraite confortable2 500 €≈ 1 800 €Financement personnel + réduction d'impôt

On le voit : le reste à charge varie peu avec le tarif (il dépend surtout de l'établissement et du GIR), mais la capacité à le financer varie énormément selon les revenus. C'est cette capacité qui détermine le recours à l'ASH.

Documents à préparer pour les demandes d'aides

Pour instruire l'APA, l'APL et éventuellement l'ASH, rassemblez :

  • Pièce d'identité et livret de famille du résident
  • Derniers avis d'imposition (ou de non-imposition)
  • Justificatifs de ressources (retraites, pensions, revenus fonciers)
  • Relevés de patrimoine et d'épargne (pour l'ASH notamment)
  • Justificatif de domicile / contrat de séjour de l'EHPAD
  • RIB
  • Pour l'ASH : documents relatifs aux obligés alimentaires (revenus des enfants)
  • Notification de GIR (grille AGGIR) établie par le médecin coordonnateur

Déposez les demandes dès l'entrée, voire avant : les délais d'instruction peuvent atteindre plusieurs semaines, et certaines aides ne sont pas rétroactives.

Anticiper et se faire accompagner

Le meilleur moyen de maîtriser le reste à charge est d'anticiper : comparer les établissements, vérifier l'habilitation à l'aide sociale, estimer le budget avant de signer. Si vous cherchez une place adaptée au budget familial, notre service trouver une place vous oriente vers des établissements correspondant à vos critères et à votre secteur.

Retenez trois réflexes : demandez systématiquement un devis détaillé poste par poste ; simulez le reste à charge avec un outil dédié ; et sollicitez tôt le CCAS ou un travailleur social, qui connaissent les aides locales complémentaires. La CNSA et le portail national d'information rappellent qu'aucune aide n'est automatique : c'est la démarche qui déclenche la prise en charge.

En résumé, le reste à charge moyen reste élevé, mais il n'est jamais figé : entre l'APA, l'APL, la réduction d'impôt, le choix de l'établissement et l'ASH en dernier recours, plusieurs centaines d'euros par mois peuvent être gagnés. L'essentiel est de faire le calcul en amont, de ne renoncer à aucune aide, et de se faire accompagner en cas de doute.

Bon à savoir : ces informations sont fournies à titre indicatif et peuvent évoluer. Elles ne remplacent pas un avis médical, social ou administratif. Vérifiez toujours les informations auprès des organismes officiels et des prestataires concernés.

Questions fréquentes

Quel est le reste à charge moyen en EHPAD en France ?

Il se situe fréquemment entre 1 800 et 2 500 € par mois après déduction de l'APA, mais il dépend fortement du département, du statut de l'établissement (public/privé) et des revenus. Ces fourchettes sont indicatives : demandez toujours un devis détaillé et vérifiez auprès du conseil départemental.

Quelles aides réduisent le reste à charge en EHPAD ?

Trois principalement : l'APA en établissement (couvre une partie du tarif dépendance), l'APL ou l'ALS (aide au logement selon les revenus et le loyer conventionné) et l'ASH (aide sociale à l'hébergement). S'y ajoute une réduction d'impôt sur les frais de dépendance et d'hébergement, sous conditions.

Que faire si la retraite ne suffit pas à payer l'EHPAD ?

Vérifiez d'abord APA et APL/ALS, puis orientez-vous vers un établissement habilité à l'aide sociale et déposez une demande d'ASH auprès du conseil départemental. L'obligation alimentaire des proches peut être sollicitée, et l'ASH est récupérable sur la succession. Faites-vous accompagner par le CCAS ou un travailleur social le plus tôt possible.

Les enfants doivent-ils payer l'EHPAD de leur parent ?

Oui, potentiellement, au titre de l'obligation alimentaire, lorsque le résident et ses aides ne couvrent pas les frais et qu'une demande d'ASH est faite. Le montant est fixé selon les ressources de chaque proche (enfants, parfois petits-enfants et gendres/belles-filles). En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales tranche.

Quel reste à charge pour une retraite de 1 200 € ?

Avec un EHPAD autour de 2 200-2 400 €/mois, même après APA et APL, la retraite seule ne suffit généralement pas : l'ASH peut alors compléter le financement dans un établissement habilité. Une simulation personnalisée est nécessaire, car tout dépend du tarif de l'établissement et du GIR.

L'APL est-elle cumulable avec l'APA en EHPAD ?

Oui. L'APA porte sur le tarif dépendance et l'APL (ou l'ALS) sur le coût de l'hébergement, dans les établissements conventionnés. Ces deux aides se cumulent et ne s'excluent pas ; leur montant dépend des revenus, du GIR et du tarif.

La réduction d'impôt EHPAD, comment ça marche ?

Une personne imposable peut bénéficier d'une réduction d'impôt de 25 % des dépenses d'hébergement et de dépendance, dans la limite de 10 000 € par an et par personne (soit 2 500 € maximum). Elle ne concerne pas les personnes non imposables. À vérifier sur impots.gouv.fr.

L'aide sociale à l'hébergement (ASH) est-elle récupérée après le décès ?

Oui, les sommes versées au titre de l'ASH sont récupérables sur la succession du bénéficiaire. C'est une différence importante avec l'APA, qui ne fait pas l'objet de récupération. Renseignez-vous auprès du conseil départemental avant de déposer le dossier.

Sources

Ressources utiles

Pour passer à l'action sur ce sujet :

Rédigé par

La rédaction Retraite France

Équipe éditoriale

L'équipe éditoriale de Retraite France réunit, structure et vérifie des informations pratiques pour aider les familles à comprendre les solutions d'accompagnement des personnes âgées. Nos contenus s'appuient sur des sources officielles et sont régulièrement mis à jour.

À lire aussi