Perte d'autonomie et GIR : comprendre son niveau et les solutions
Perte d'autonomie et GIR : comprendre les niveaux GIR 1 à 6, comment se fait l'évaluation AGGIR et quelles aides selon le degré de dépendance.

Le GIR (Groupe Iso-Ressources) est un indicateur qui classe la perte d'autonomie d'une personne âgée sur une échelle de 1 à 6, où le GIR 1 correspond à la dépendance la plus lourde et le GIR 6 à une personne autonome. Concrètement, ce classement détermine les aides auxquelles votre proche peut prétendre : l'APA (Allocation personnalisée d'autonomie) n'est accessible qu'à partir du GIR 4, tandis que les GIR 5 et 6 relèvent d'aides plus modestes. Pour obtenir une première estimation, vous pouvez utiliser notre calculateur GIR, mais seule l'évaluation officielle par l'équipe médico-sociale du département fait foi. Cet article détaille chaque niveau, la méthode d'évaluation et les solutions concrètes selon le degré de dépendance.
Qu'est-ce que le GIR et à quoi sert-il ?
Le GIR est le résultat de l'évaluation réalisée avec la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources), l'outil national de référence. Cette grille examine ce que la personne est capable de faire seule, et non ce qu'elle « devrait » savoir faire.
Deux catégories de variables sont observées :
- Les variables discriminantes (celles qui déterminent le GIR) : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts (se lever, se coucher), déplacements à l'intérieur et à l'extérieur, communication à distance.
- Les variables illustratives (qui complètent le tableau sans changer le GIR) : gestion du budget, cuisine, ménage, transports, suivi des traitements, activités de loisir.
Le GIR conditionne l'accès et le montant de plusieurs aides, notamment l'APA, mais aussi le tarif dépendance facturé en établissement. Il constitue donc une porte d'entrée administrative essentielle. Pour aller plus loin sur les premiers signaux d'alerte, consultez notre page dédiée aux signes de perte d'autonomie.
Les 6 niveaux de GIR expliqués
Voici une présentation synthétique des six groupes. Ces descriptions sont indicatives : deux personnes d'un même GIR peuvent avoir des profils différents.
| GIR | Degré d'autonomie | Situation typique | Droit à l'APA |
|---|---|---|---|
| GIR 1 | Dépendance totale | Personne confinée au lit ou au fauteuil, fonctions mentales gravement altérées, présence continue indispensable | Oui |
| GIR 2 | Très dépendante | Confinée au lit/fauteuil mais fonctions mentales partiellement préservées, OU fonctions mentales altérées avec capacité de déplacement | Oui |
| GIR 3 | Dépendance modérée | Autonomie mentale conservée, mais besoin d'aide plusieurs fois par jour pour les soins corporels | Oui |
| GIR 4 | Dépendance partielle | Besoin d'aide pour se lever, se coucher, la toilette ou l'habillage ; ou personne s'alimentant seule mais nécessitant une aide ponctuelle | Oui |
| GIR 5 | Autonomie relative | Aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas ou le ménage | Non |
| GIR 6 | Autonome | Réalise seule tous les actes essentiels de la vie courante | Non |
Chaque niveau fait l'objet d'un guide détaillé : par exemple GIR 4 : définition et aides, qui est le groupe le plus fréquent parmi les bénéficiaires de l'APA à domicile.
Comment se déroule l'évaluation du GIR ?
L'évaluation n'est pas un simple questionnaire rempli à distance. Elle repose sur une observation concrète, généralement lors d'une visite à domicile.
- Demande d'APA : vous déposez le dossier auprès du conseil départemental (ou du point d'information local, CCAS, France Services).
- Visite d'évaluation : une équipe médico-sociale (souvent un travailleur social et un professionnel de santé) se déplace pour observer la personne dans son environnement.
- Application de la grille AGGIR : chaque activité est cotée selon que la personne la fait « seule, spontanément et correctement », partiellement, ou pas du tout.
- Détermination du GIR et proposition d'un plan d'aide personnalisé si le GIR ouvre droit à l'APA.
En établissement, l'évaluation est réalisée par le médecin coordonnateur de l'EHPAD. Selon pour-les-personnes-agees.gouv.fr, cette évaluation est gratuite. Notre calculateur GIR permet une estimation préalable utile pour préparer la visite, sans se substituer à l'évaluation officielle.
Documents à préparer
- Pièce d'identité de la personne âgée
- Justificatif de domicile
- Dernier avis d'imposition ou de non-imposition
- Relevé d'identité bancaire
- Justificatifs de ressources et de patrimoine (le cas échéant)
- Certificat médical ou comptes rendus récents (utiles mais non obligatoires)
Les solutions et aides selon le niveau de GIR
Le niveau de GIR oriente les solutions concrètes. Voici les grandes logiques, à adapter à chaque situation.
GIR 5 et 6 (autonomie préservée ou relative). L'APA n'est pas accessible, mais des aides existent : aide-ménagère au titre de l'aide sociale, prise en charge par la caisse de retraite (action sociale), téléassistance pour sécuriser le domicile, ou encore adaptation du logement. La priorité est la prévention des chutes et le maintien du lien social. Consultez notre guide GIR 5 et 6 : définition.
GIR 4 (dépendance partielle). C'est le seuil d'entrée dans l'APA. Le plan d'aide finance généralement des heures d'aide à domicile, du portage de repas, de la téléassistance et de petits aménagements. Le maintien à domicile reste souvent privilégié.
GIR 1, 2 et 3 (dépendance lourde à modérée). Le plan d'aide APA est plus important. Selon l'intensité des besoins, plusieurs options se dessinent : renforcement de l'aide à domicile (voire garde de nuit), accueil de jour, hébergement temporaire, ou entrée en établissement. Pour comparer les deux voies, notre dossier maintien à domicile ou EHPAD peut vous aider à décider.
L'adaptation du logement (barre d'appui, douche de plain-pied, monte-escalier) est pertinente à tous les niveaux pour retarder ou éviter l'entrée en établissement.
L'APA : montants indicatifs selon le GIR
L'APA à domicile est plafonnée mensuellement selon le GIR. Ces plafonds sont revalorisés régulièrement ; les montants ci-dessous sont indicatifs et à vérifier auprès de votre conseil départemental et sur service-public.fr.
| GIR | Plafond mensuel APA à domicile (indicatif) |
|---|---|
| GIR 1 | environ 1 900 € |
| GIR 2 | environ 1 550 € |
| GIR 3 | environ 1 120 € |
| GIR 4 | environ 750 € |
Le montant réellement versé dépend des ressources de la personne : au-delà d'un certain seuil, une participation reste à sa charge. Pour estimer votre situation, utilisez notre simulateur APA. En EHPAD, l'APA prend en charge une partie du tarif dépendance : voir tarif dépendance EHPAD.
Exemples chiffrés par profil
Rien ne vaut des cas concrets pour comprendre l'impact du GIR sur le budget.
Profil 1 — Mme L., 84 ans, GIR 4, à domicile. Elle a besoin d'aide pour la toilette et les repas. Le plan d'aide APA prévoit environ 12 heures d'aide à domicile par mois. Avec une retraite de 1 400 €, sa participation à l'APA est modérée. Coût résiduel estimé : quelques dizaines à une centaine d'euros par mois, complété par le crédit d'impôt aide à domicile.
Profil 2 — M. R., 88 ans, GIR 2, entrée en EHPAD. Tarif hébergement de 2 400 €/mois. Sa retraite est de 1 300 €. Il manque environ 1 100 € par mois. Interviennent alors : l'APA dépendance (versée à l'établissement), l'aide au logement (APL/ALS), puis, si l'écart persiste, l'aide sociale à l'hébergement. Notre outil reste à charge EHPAD permet de chiffrer précisément ce scénario.
Profil 3 — Mme D., 79 ans, GIR 6. Autonome, elle souhaite simplement sécuriser son domicile. Pas d'APA, mais une téléassistance (environ 20 à 30 €/mois) et une aide-ménagère financée en partie par sa caisse de retraite.
Que faire si les revenus ou la retraite ne suffisent pas ?
C'est une inquiétude majeure des familles, en particulier au moment de l'entrée en établissement. Rassurez-vous : un système d'aides s'enchaîne pour limiter le reste à charge. Voici la cascade à connaître.
- Les ressources de la personne : retraites, revenus, épargne disponible sont mobilisés en premier.
- L'APA (dépendance) et les aides au logement (APL ou ALS) réduisent la facture. En établissement, voir APL et EHPAD.
- L'aide sociale à l'hébergement (ASH) : dans les établissements habilités à l'aide sociale, le département prend en charge la part du tarif hébergement que la personne ne peut pas payer. La personne conserve un minimum de ressources personnelles.
- L'obligation alimentaire : pour l'ASH, le département peut solliciter la participation des descendants (enfants, parfois petits-enfants) selon leurs ressources.
- La récupération sur succession : l'ASH est récupérable sur la succession de la personne après son décès, contrairement à l'APA.
Cette mécanique est expliquée en détail sur notre page que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD. Les règles d'obligation alimentaire et de récupération sont fixées par le Code de l'action sociale et peuvent varier selon les départements : renseignez-vous auprès du conseil départemental et, si besoin, faites-vous accompagner par un travailleur social. Le portail de la CNSA recense également les dispositifs.
Choisir la bonne solution et passer à l'action
Une fois le GIR connu, la question devient concrète : quelle solution, et comment l'organiser ? Voici une trame de décision.
- Domicile privilégié (GIR 4 à 6, environnement adapté) : combinez aide à domicile, téléassistance, portage de repas et aménagements. Anticipez la prévention des chutes.
- Situation intermédiaire : accueil de jour, hébergement temporaire ou séjour de répit pour l'aidant peuvent soulager sans rupture définitive.
- Entrée en établissement (GIR 1 à 3, isolement, épuisement de l'aidant) : commencez les démarches en amont, car les délais d'admission peuvent être longs.
Pour trouver un établissement adapté au bon moment, notre service trouver une place vous accompagne dans la recherche et la mise en relation, et l'annuaire permet de comparer les structures près de chez vous. En cas de besoin urgent, ne restez pas seul : une équipe médico-sociale ou un CLIC (centre local d'information et de coordination) peut vous orienter rapidement.
Enfin, gardez à l'esprit que le GIP peut évoluer : après une chute, une hospitalisation ou l'aggravation d'une maladie, demandez une réévaluation pour ajuster les aides. La perte d'autonomie n'est pas une situation figée, et l'accompagnement doit s'adapter à son rythme.
En résumé : le GIR est la clé qui ouvre (ou non) les aides à la dépendance. Faites évaluer votre proche, estimez ses droits avec les outils dédiés, et n'hésitez pas à solliciter un accompagnement gratuit auprès du conseil départemental. Les montants cités ici sont indicatifs et à vérifier auprès des organismes compétents.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le GIR exactement ?
Le GIR (Groupe Iso-Ressources) est un indicateur qui mesure le degré de perte d'autonomie d'une personne âgée, de 1 (dépendance la plus lourde) à 6 (personne autonome). Il est déterminé à partir de la grille nationale AGGIR par une équipe médico-sociale.
À partir de quel GIR a-t-on droit à l'APA ?
L'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) est réservée aux personnes classées en GIR 1, 2, 3 ou 4. Les GIR 5 et 6 n'y ont pas droit, mais peuvent solliciter d'autres aides (caisse de retraite, aide-ménagère au titre de l'aide sociale).
Comment est évalué le GIR de mon proche ?
L'évaluation se fait à l'aide de la grille AGGIR, généralement lors d'une visite à domicile par un professionnel de l'équipe médico-sociale du conseil départemental, ou par le médecin coordonnateur en EHPAD. Un calculateur en ligne peut donner une première estimation indicative.
Que faire si la retraite ne suffit pas à payer l'EHPAD ?
Plusieurs dispositifs s'enchaînent : APA dépendance, aides au logement (APL/ALS), puis l'aide sociale à l'hébergement (ASH) dans les établissements habilités. L'ASH peut faire intervenir l'obligation alimentaire des proches et est récupérable sur la succession. Un simulateur de reste à charge aide à anticiper.
Les enfants doivent-ils payer pour leur parent ?
Dans le cadre de l'aide sociale à l'hébergement (ASH), le département peut solliciter l'obligation alimentaire des descendants (enfants, parfois petits-enfants). La participation dépend de leurs ressources et est fixée au cas par cas, avec possibilité de saisir le juge.
Le GIR peut-il changer avec le temps ?
Oui. La perte d'autonomie évolue : une nouvelle évaluation peut être demandée en cas d'aggravation (chute, maladie, hospitalisation) pour réviser le GIR et donc le montant des aides. Il est conseillé de signaler tout changement au conseil départemental.
Quel reste à charge pour une retraite de 1 200 € en EHPAD ?
Avec un tarif hébergement souvent situé entre 2 000 et 3 000 €/mois selon les régions, une retraite de 1 200 € laisse un écart important. Les aides (APA, APL, ASH) et parfois l'obligation alimentaire des proches viennent combler ce reste à charge. Le montant exact dépend de l'établissement et du département.
Quelle différence entre GIR 5 et GIR 6 ?
Le GIR 6 correspond à une personne autonome pour tous les actes essentiels de la vie courante. Le GIR 5 concerne une personne globalement autonome mais nécessitant une aide ponctuelle (toilette, préparation des repas, ménage). Ni l'un ni l'autre n'ouvre droit à l'APA.
Sources
Ressources utiles
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Rédigé par
La rédaction Retraite France
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