Reste à charge en EHPAD pour un GIR 2 : calcul et exemples
Reste à charge en EHPAD pour un GIR 2 : méthode de calcul, tarifs hébergement et dépendance, aides mobilisables (APA, APL, ASH) et exemples chiffrés selon les revenus.

Pour un résident classé GIR 2 en EHPAD, le reste à charge correspond au tarif hébergement additionné du ticket modérateur du tarif dépendance, une fois déduites les aides mobilisables (APA en établissement, APL ou ALS, et éventuellement l'aide sociale à l'hébergement). Concrètement, en 2024-2025, ce reste à charge se situe le plus souvent entre 1 800 € et 3 000 € par mois selon la région, le statut public ou privé de l'établissement et les revenus de la personne — des fourchettes indicatives à vérifier avec chaque établissement.
Le GIR 2 étant un niveau de dépendance élevé, il ouvre droit à l'APA en établissement, qui prend en charge une part importante du tarif dépendance. Mais attention : cette aide ne couvre jamais la totalité du coût. Voyons en détail comment se décompose la facture, ce qui reste réellement à payer, et surtout quelles aides activer, avec des exemples chiffrés par profil de revenus.
Comprendre les trois tarifs d'un EHPAD
La facture d'un EHPAD repose toujours sur trois postes distincts, un point essentiel pour comprendre son reste à charge :
- Le tarif hébergement : il couvre le logement, les repas, l'entretien, l'animation et l'administration. C'est le poste le plus lourd et il est identique quel que soit le GIR du résident. Il reste principalement à la charge de la famille.
- Le tarif dépendance : il finance l'aide apportée aux gestes de la vie quotidienne (aide à la toilette, à l'habillage, aux déplacements). Il dépend du GIR : plus la dépendance est forte, plus il est élevé. C'est ici que le GIR 2 intervient.
- Le tarif soins : il couvre les prestations médicales et paramédicales. Il est directement pris en charge par l'Assurance maladie et n'apparaît pas dans le reste à charge du résident, comme le rappelle l'Assurance maladie.
Pour un GIR 2, le tarif dépendance est le deuxième plus élevé (après le GIR 1). Mais l'APA vient en couvrir une large partie, ce qui limite fortement l'impact du niveau de dépendance sur la facture finale. Pour approfondir cette mécanique, consultez notre page dédiée au tarif dépendance en EHPAD.
Comment se calcule le reste à charge d'un GIR 2
Le calcul suit une logique en plusieurs étapes. Voici la méthode, étape par étape :
- Point de départ : le tarif hébergement mensuel. C'est le tarif journalier hébergement multiplié par le nombre de jours du mois. Il reste intégralement à la charge du résident (sauf ASH, voir plus bas).
- Ajout du ticket modérateur dépendance. En établissement, l'APA couvre la différence entre le tarif dépendance de votre GIR (ici GIR 1-2) et le tarif dépendance GIR 5-6. Ce tarif GIR 5-6, appelé « ticket modérateur », reste toujours à votre charge, quel que soit votre niveau de dépendance.
- Participation dépendance selon les revenus. Si les revenus du résident dépassent un certain seuil, une participation supplémentaire au tarif dépendance peut s'ajouter. Selon le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr, cette participation est calculée par le conseil départemental.
- Déduction des aides au logement. L'APL ou l'ALS, versée par la CAF, vient réduire le tarif hébergement selon les revenus et le statut de l'établissement.
- Résultat : le reste à charge net, à comparer aux revenus disponibles (retraites, revenus du patrimoine, etc.).
Pour un GIR 2, la formule simplifiée est donc :
Reste à charge ≈ Tarif hébergement + Ticket modérateur dépendance (GIR 5-6) − APL/ALS
Vous pouvez estimer votre situation en quelques minutes avec notre simulateur de reste à charge en EHPAD, qui intègre ces différents paramètres.
Les aides mobilisables pour un résident GIR 2
Un classement en GIR 2 ouvre droit à plusieurs dispositifs qui, cumulés, réduisent nettement la facture :
- L'APA en établissement : automatiquement mobilisée, elle finance la majeure partie du tarif dépendance. Son calcul dépend du GIR et des revenus. Découvrez le détail sur notre page APA en EHPAD.
- L'APL ou l'ALS : ces aides au logement de la CAF s'appliquent si l'établissement est conventionné. Elles peuvent représenter plusieurs centaines d'euros par mois selon les revenus.
- La réduction d'impôt : les personnes dépendantes hébergées en établissement peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt sur une partie des frais d'hébergement et de dépendance, sous conditions et dans la limite d'un plafond annuel (à vérifier sur impots.gouv.fr).
- L'aide sociale à l'hébergement (ASH) : dernier filet de sécurité si les revenus ne suffisent pas, réservée aux établissements habilités (voir la section dédiée plus bas et notre page ASH en EHPAD).
Ces aides ne sont pas toujours automatiques : l'APA et l'ASH nécessitent une demande auprès du conseil départemental, l'APL auprès de la CAF. Anticiper ces démarches évite des semaines de reste à charge non compensé.
Exemples chiffrés de reste à charge en GIR 2
Rien ne vaut des exemples concrets. Les montants ci-dessous sont indicatifs et supposent un tarif hébergement moyen de 2 200 €/mois et un ticket modérateur dépendance (GIR 5-6) d'environ 200 €/mois — chiffres à adapter à chaque établissement et à chaque département.
| Profil | Retraite mensuelle | Coût avant aides | Aides estimées (APL/ASH) | Reste à charge estimé |
|---|---|---|---|---|
| Retraite confortable | 2 800 € | ~2 400 € | 0 € | ~2 400 € (couvert) |
| Retraite moyenne | 1 600 € | ~2 400 € | ~250 € (APL) | ~2 150 € |
| Petite retraite | 1 200 € | ~2 400 € | ~300 € (APL) + ASH possible | ~2 100 € puis ASH |
| Très faible revenu | 900 € | ~2 400 € | APL + ASH | Reste ~90 € d'argent de poche garanti |
Exemple détaillé — retraite de 1 200 €. Madame D., classée GIR 2, entre dans un EHPAD dont le reste à charge après APA s'élève à 2 400 €/mois. Elle touche 1 200 € de retraite. Après une APL de 300 €, il reste 2 100 € à financer, soit un manque d'environ 900 € par mois au regard de sa retraite. Elle peut alors demander l'ASH dans un établissement habilité : le département prendra en charge le solde, en laissant à Madame D. un minimum d'argent personnel (environ 10 % de ses revenus, montant réglementé). En contrepartie, l'obligation alimentaire de ses enfants pourra être sollicitée.
Exemple — retraite de 1 600 €. Monsieur L., GIR 2, doit assumer 2 150 € de reste à charge après APL. Sa retraite de 1 600 € ne suffit pas : il manque environ 550 €/mois. La famille complète, ou une partie de l'épargne/patrimoine est mobilisée. La réduction d'impôt allègera ensuite le coût réel sur l'année.
Pour comparer les tarifs réels près de chez vous, consultez notre annuaire des établissements et notre page sur le prix d'un EHPAD pour un GIR 2.
Public ou privé : un écart de prix déterminant
Le statut de l'établissement pèse fortement sur le reste à charge, indépendamment du GIR. Les EHPAD publics et associatifs affichent généralement des tarifs hébergement plus modérés et sont plus souvent habilités à l'aide sociale. Les EHPAD privés commerciaux, notamment en zone urbaine, pratiquent des tarifs plus élevés et ne sont pas toujours habilités ASH.
| Type d'établissement | Tarif hébergement indicatif | Habilité ASH | Reste à charge moyen |
|---|---|---|---|
| EHPAD public | 1 900 – 2 300 €/mois | Souvent oui | Plus modéré |
| EHPAD associatif | 2 000 – 2 500 €/mois | Fréquemment | Intermédiaire |
| EHPAD privé commercial | 2 800 – 4 000 €/mois | Rarement | Plus élevé |
Ces fourchettes sont indicatives et varient beaucoup selon la région (Paris et l'Île-de-France étant nettement au-dessus). Pour bien choisir, demandez systématiquement plusieurs devis détaillés et vérifiez l'habilitation à l'aide sociale si les revenus sont limités.
Que faire si la retraite ne suffit pas à payer l'EHPAD ?
C'est la question la plus fréquente et la plus angoissante des familles. Rassurez-vous : personne ne reste sans solution. La loi organise une cascade d'aides que l'on active dans l'ordre :
- Les ressources du résident : retraites, revenus du patrimoine, épargne. C'est la première source mobilisée.
- L'APA + les aides au logement (APL/ALS) : elles réduisent respectivement le tarif dépendance et le tarif hébergement.
- L'établissement habilité à l'ASH : si le solde reste insuffisant, l'aide sociale à l'hébergement du conseil départemental prend le relais, à condition que l'établissement soit habilité. Le résident conserve un minimum d'argent personnel (environ 10 % de ses revenus).
- L'obligation alimentaire des proches : le département évalue la capacité contributive des descendants (enfants, parfois petits-enfants et gendres/belles-filles). La répartition est fixée au cas par cas et peut être discutée. Voir notre page obligation alimentaire et EHPAD.
- La récupération sur succession : les sommes versées au titre de l'ASH peuvent être récupérées par le département sur la succession du bénéficiaire, dans les conditions prévues par la loi.
Si vous êtes dans cette situation, notre guide que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD détaille chaque étape. Le principe à retenir, selon service-public.fr : le manque de ressources ne prive jamais une personne âgée d'un hébergement adapté, mais implique des démarches et une possible sollicitation de la famille.
Les démarches et documents à préparer
Pour constituer un dossier de demande d'aides (APA, APL, ASH) et d'entrée en EHPAD, réunissez à l'avance :
- Pièce d'identité et livret de famille du résident ;
- Justificatifs de revenus (derniers avis d'imposition, relevés de pension de retraite) ;
- Relevés de patrimoine et d'épargne (comptes, biens immobiliers) ;
- Justificatif de domicile ;
- Attestation de droits à l'Assurance maladie ;
- Notification de GIR ou demande d'évaluation AGGIR ;
- Pour l'ASH : coordonnées et justificatifs de revenus des obligés alimentaires (enfants) ;
- Devis détaillé de l'établissement (trois tarifs séparés).
Astuce : si vous n'êtes pas certain du GIR de votre proche, notre calculateur de GIR donne une première estimation avant l'évaluation officielle. Et pour lancer concrètement la recherche d'un établissement adapté et disponible, notre service trouver une place vous accompagne dans les démarches.
Comment réduire son reste à charge : conseils concrets
Quelques leviers permettent d'alléger la facture, à condition de les anticiper :
- Comparez plusieurs établissements : à prestations équivalentes, l'écart de tarif hébergement peut dépasser 800 €/mois. Demandez systématiquement des devis.
- Privilégiez un établissement habilité ASH si les revenus sont modestes, même par précaution : cela sécurise l'avenir en cas de baisse de ressources.
- N'oubliez pas la réduction d'impôt : elle réduit le coût réel annuel, même si elle n'allège pas la trésorerie mensuelle.
- Vérifiez vos droits à l'APL auprès de la CAF dès l'entrée, sans attendre.
- Faites-vous accompagner par le CCAS de la commune, un point d'information local ou un service social, qui connaissent les dispositifs départementaux. La CNSA recense les points d'accueil.
Enfin, avant de vous décider, posez-vous la question du bon niveau d'accompagnement : un GIR 2 relève généralement de l'EHPAD, mais chaque situation mérite une évaluation individualisée. Faire le point avec le médecin traitant et l'équipe médico-sociale reste indispensable — nous ne délivrons ici aucun avis médical, seulement des repères pour décider sereinement.
Erreurs à éviter : signer un contrat sans avoir comparé les trois tarifs, oublier de demander l'APL, négliger l'habilitation ASH, ou attendre une situation de crise pour engager les démarches. Anticiper de plusieurs mois reste la meilleure protection budgétaire.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un GIR 2 en EHPAD ?
Le GIR 2 (groupe iso-ressources 2) correspond à une perte d'autonomie importante : la personne est soit confinée au lit ou au fauteuil avec des fonctions mentales partiellement préservées, soit atteinte de troubles cognitifs importants tout en conservant des capacités motrices. C'est le deuxième niveau de dépendance le plus élevé, juste après le GIR 1. Le niveau de GIR est évalué par l'équipe médico-sociale à l'aide de la grille AGGIR.
Quel reste à charge pour une retraite de 1 200 € en GIR 2 ?
Avec une retraite de 1 200 € et un EHPAD facturant par exemple 2 400 €/mois de reste à charge, il manque environ 1 200 €. Dans ce cas, on peut mobiliser l'APL/ALS, demander un établissement habilité à l'aide sociale à l'hébergement (ASH), et éventuellement solliciter l'obligation alimentaire des proches. Les montants sont indicatifs et à vérifier auprès du conseil départemental et de la CAF.
L'APA couvre-t-elle tout le tarif dépendance en GIR 2 ?
Non. En établissement, l'APA prend en charge la différence entre le tarif dépendance de votre GIR (1-2) et le tarif dépendance GIR 5-6, qui reste toujours à la charge du résident (le « ticket modérateur »). Une participation supplémentaire peut aussi s'appliquer selon les revenus. À vérifier auprès du conseil départemental.
Les enfants doivent-ils payer l'EHPAD d'un parent GIR 2 ?
Si le résident demande l'aide sociale à l'hébergement (ASH), le conseil départemental peut faire jouer l'obligation alimentaire : les descendants (enfants, parfois petits-enfants) peuvent être appelés à contribuer selon leurs ressources. La répartition est fixée au cas par cas et peut être contestée devant le juge aux affaires familiales.
La mutuelle rembourse-t-elle le reste à charge en EHPAD ?
Une mutuelle santé classique ne couvre pas le tarif hébergement ni le tarif dépendance. Certains contrats d'assurance dépendance versent une rente en cas de perte d'autonomie reconnue, qui peut aider à financer le séjour. Vérifiez les garanties et délais de carence de votre contrat.
Le tarif hébergement change-t-il selon le GIR ?
Non, le tarif hébergement est le même pour tous les résidents d'un établissement, quel que soit leur GIR. En revanche, le tarif dépendance dépend du GIR : plus la dépendance est élevée (GIR 1-2), plus ce tarif est important, mais il est en grande partie couvert par l'APA.
Peut-on déduire les frais d'EHPAD des impôts en GIR 2 ?
Oui, une réduction d'impôt pour frais de dépendance et d'hébergement en établissement existe, sous conditions, pour les personnes dépendantes. Elle porte sur une partie des dépenses, dans la limite d'un plafond annuel. À vérifier sur impots.gouv.fr et selon votre situation fiscale.
Comment estimer précisément mon reste à charge ?
Demandez le détail des trois tarifs (hébergement, dépendance, soins) à l'établissement, simulez vos aides (APA, APL/ALS) et utilisez un outil de calcul en ligne. Comparez plusieurs devis d'établissements, car les écarts de prix sont importants d'une structure à l'autre.
Sources
Ressources utiles
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Rédigé par
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