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Aides financières

Aide sociale à l'hébergement à Paris : conditions et démarches

ASH à Paris : conditions de ressources, établissements habilités, dépôt du dossier au CASVP et récupération sur succession. Démarches et exemples chiffrés.

Par La rédaction Retraite France, Équipe éditorialeMis à jour le 12 octobre 20269 min de lecture
Aide sociale à l'hébergement à Paris : conditions et démarches

À Paris, l'aide sociale à l'hébergement (ASH) est une aide versée par le Département pour payer tout ou partie des frais d'hébergement en EHPAD, en résidence autonomie ou en USLD, lorsque les revenus de la personne âgée et le soutien de ses proches ne suffisent pas. Le dossier se dépose auprès du Centre d'action sociale de la Ville de Paris (CASVP), dans l'arrondissement de résidence, et l'aide est réservée aux établissements habilités à l'aide sociale. Concrètement : la personne reverse environ 90 % de ses ressources à l'établissement, le Département complète, puis récupère éventuellement les sommes sur la succession. Voici, étape par étape, les conditions, les démarches et les points de vigilance pour les familles parisiennes.

Qu'est-ce que l'ASH et à quoi sert-elle à Paris ?

L'ASH est une aide subsidiaire : elle n'intervient qu'en dernier recours, après avoir mobilisé les ressources de la personne et les aides auxquelles elle a droit (retraite, APA, APL/ALS). Elle prend en charge la différence entre le tarif hébergement de l'établissement et ce que la personne (plus ses obligés alimentaires) peut payer.

À Paris, c'est le Département de Paris qui finance l'ASH, et le CASVP qui instruit les demandes via ses sections d'arrondissement. L'ASH concerne principalement :

  • l'hébergement en EHPAD habilité à l'aide sociale ;
  • l'hébergement en résidence autonomie (ex-logement-foyer) habilitée ;
  • l'hébergement en unité de soins de longue durée (USLD) ;
  • dans certains cas, l'accueil familial agréé.

Attention : l'ASH couvre le tarif hébergement (gîte, couvert, entretien), pas le tarif dépendance, qui relève de l'APA. Pour comprendre la structure des prix, consultez notre page dédiée au tarif dépendance en EHPAD et la mécanique générale de l'ASH en EHPAD.

Les conditions pour en bénéficier

Pour prétendre à l'ASH à Paris, plusieurs conditions cumulatives doivent être réunies. Selon le service public, elles concernent l'âge, la résidence, les ressources et l'établissement choisi.

  • Âge : avoir au moins 65 ans (ou 60 ans en cas d'inaptitude au travail).
  • Résidence : résider en France de manière stable et régulière. Pour la compétence parisienne, c'est en principe le domicile de secours (dernier domicile avant l'entrée) qui compte.
  • Ressources insuffisantes : les revenus de la personne ne doivent pas permettre de couvrir seuls les frais d'hébergement. Le Département examine l'ensemble des ressources (retraites, revenus du patrimoine, etc.).
  • Établissement habilité : l'hébergement doit avoir lieu dans un établissement habilité à l'aide sociale (voir plus bas).

Il n'existe pas de « plafond de ressources » unique comme pour d'autres aides : l'ASH est calculée par différence. Si vos revenus dépassent le tarif de l'établissement, vous n'y avez pas droit. S'ils sont inférieurs, l'aide complète. Pour estimer votre situation financière avant de vous lancer, utilisez notre simulateur de reste à charge en EHPAD.

Comment fonctionne la contribution de la personne âgée

Le principe est simple : le bénéficiaire reverse l'essentiel de ses ressources à l'établissement, et le Département paie le solde. La règle, indicative et à vérifier auprès du CASVP, prévoit que la personne conserve un minimum d'argent de poche équivalent à environ 10 % de ses ressources, avec un plancher mensuel fixé réglementairement (de l'ordre d'une centaine d'euros, montant révisé régulièrement).

Autrement dit, environ 90 % des revenus sont affectés au paiement de l'hébergement. Les ressources prises en compte incluent les pensions de retraite, les revenus fonciers, parfois une part des revenus du capital. L'APL ou l'ALS, lorsqu'elles sont versées, viennent d'abord réduire la facture (voir l'APL en EHPAD).

Exemples chiffrés par profil

SituationTarif hébergement (indicatif)Ressources de la personneContribution (~90 %)Rôle de l'ASH
Retraite 900 €/mois2 600 €/mois900 €~810 €Le Département complète ~1 790 €, sous réserve de l'obligation alimentaire
Retraite 1 200 €/mois2 600 €/mois1 200 €~1 080 €Complément ~1 520 € à répartir entre département et obligés
Retraite 1 800 €/mois2 600 €/mois1 800 €~1 620 €Complément ~980 €, obligation alimentaire souvent déterminante

Ces montants sont des illustrations : à Paris, les tarifs hébergement des EHPAD publics habilités sont souvent plus élevés que la moyenne nationale. Pour des repères locaux, consultez nos pages sur le prix d'un EHPAD à Paris et, plus largement, combien coûte un EHPAD.

Trouver un EHPAD habilité à l'aide sociale à Paris

C'est le point le plus souvent négligé par les familles : tous les établissements n'acceptent pas l'aide sociale. L'habilitation peut être :

  • totale : toutes les places ouvrent droit à l'ASH (fréquent dans les EHPAD publics et de nombreux établissements associatifs) ;
  • partielle : seul un quota de places est habilité, souvent avec liste d'attente ;
  • absente : la plupart des EHPAD privés commerciaux ne sont pas habilités, ou pour un faible nombre de lits.

Avant toute entrée, demandez par écrit le statut d'habilitation et le nombre de places concernées. Dans les établissements à habilitation partielle, une condition d'ancienneté peut parfois être exigée avant de solliciter l'ASH : vérifiez le contrat de séjour.

Pour repérer les établissements habilités, parcourez notre annuaire des établissements, filtrez les options et, si vous cherchez une place pour un proche, faites-vous accompagner gratuitement via notre service trouver une place. La carte interactive et nos repères de l'observatoire des prix EHPAD complètent utilement vos comparaisons. Le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr recense également le statut des établissements.

Le dépôt du dossier au CASVP : étapes et documents

La demande d'ASH se dépose au CCAS/CASVP du domicile de la personne. À Paris, cela signifie la section du CASVP de l'arrondissement de résidence. Voici le déroulé type.

  1. Retirer le dossier auprès de la section d'arrondissement du CASVP, de l'établissement d'accueil ou du service social.
  2. Constituer les pièces justificatives (voir la liste ci-dessous).
  3. Déposer le dossier à la section du CASVP, qui le transmet au Département pour instruction.
  4. Instruction : vérification des ressources, évaluation de l'obligation alimentaire, contrôle de l'habilitation de l'établissement.
  5. Décision du Département, notifiée à la personne et à l'établissement. L'aide peut être rétroactive à la date d'entrée si le dossier est déposé dans les délais (généralement 2 mois).

Documents à préparer

  • Pièce d'identité ou titre de séjour de la personne âgée ;
  • Justificatif de domicile et attestation d'entrée en établissement ;
  • Avis d'imposition ou de non-imposition récent ;
  • Justificatifs de l'ensemble des ressources (pensions de retraite, revenus fonciers, relevés) ;
  • Justificatifs de patrimoine (biens immobiliers, épargne) ;
  • Relevé d'identité bancaire ;
  • Livret de famille (pour identifier les obligés alimentaires) ;
  • Coordonnées des enfants et petits-enfants (pour l'obligation alimentaire) ;
  • Le cas échéant, jugement de tutelle/curatelle ou mandat de protection.

Conseil pratique : commencez la constitution du dossier dès que l'entrée se profile, et demandez l'appui de l'assistante sociale de l'établissement. Si l'entrée est urgente, consultez nos repères sur la place en EHPAD en urgence.

Que faire si les revenus ou la retraite ne suffisent pas ?

C'est la question centrale de nombreuses familles. En France, le financement d'un hébergement suit une cascade logique, qu'il faut activer dans l'ordre :

  1. Les ressources de la personne : retraites, revenus du patrimoine, épargne. C'est la première brique.
  2. Les aides mobilisables : l'APA en établissement (tarif dépendance) et les APL/ALS (tarif hébergement). Ces aides réduisent la facture avant tout recours à l'ASH.
  3. L'ASH en établissement habilité : elle complète lorsque, malgré tout, il reste un découvert.
  4. L'obligation alimentaire des proches : enfants et petits-enfants peuvent être appelés à contribuer, selon leurs ressources, avant ou en parallèle de la prise en charge départementale. Le détail est expliqué dans notre page obligation alimentaire et EHPAD.
  5. La récupération sur succession : les sommes versées au titre de l'ASH sont récupérables sur l'héritage du bénéficiaire. C'est une spécificité à anticiper en famille — voir notre guide sur la récupération de l'aide sociale.

Selon la CNSA, cette articulation vise à garantir un accès à l'hébergement même en cas de ressources très modestes. Prenons un exemple concret : une personne avec 1 100 € de retraite entre dans un EHPAD habilité à 2 400 €/mois. Après versement d'environ 90 % de ses revenus (~990 €) et déduction éventuelle de l'APL, il manque encore plusieurs centaines d'euros. Le Département examine alors la contribution des enfants, puis finance le solde au titre de l'ASH, avec récupération ultérieure sur la succession.

Si vous êtes dans cette situation, notre dossier que faire si on ne peut pas payer l'EHPAD détaille toutes les solutions et erreurs à éviter.

ASH et obligation alimentaire : ce qu'il faut savoir

L'obligation alimentaire découle du Code civil : enfants, gendres et belles-filles, voire petits-enfants, peuvent devoir contribuer aux frais d'hébergement d'un parent dont les ressources sont insuffisantes. À Paris comme ailleurs, le Département évalue cette participation lors de l'instruction de l'ASH.

Points essentiels :

  • Le montant demandé à chaque obligé dépend de ses propres revenus et charges ;
  • En cas de désaccord, c'est le juge aux affaires familiales qui fixe la contribution ;
  • Certaines situations peuvent exonérer un enfant (par exemple en cas de manquement grave du parent, apprécié par le juge) ;
  • Les petits-enfants peuvent être sollicités, mais dans une moindre mesure.

Il est vivement conseillé d'anticiper ce sujet entre proches, afin d'éviter les tensions et de préparer les justificatifs. Les informations officielles figurent sur service-public.fr.

Alternatives et aides complémentaires à vérifier

Avant ou pendant la demande d'ASH, d'autres dispositifs peuvent alléger la charge, selon la situation :

Aide / dispositifÀ quoi ça sertRécupérable sur succession ?
APA en établissementRéduit le tarif dépendanceNon
APL / ALSRéduit le tarif hébergementNon
ASHComplète le reste à payer en établissement habilitéOui
Réduction d'impôtAllège le coût pour les foyers imposables—
Obligation alimentaireParticipation des proches—

Si le maintien à domicile reste envisageable, pensez aussi aux dispositifs d'aide à domicile, qui peuvent repousser l'entrée en établissement. Et si la dépendance augmente, la situation peut évoluer : l'outil calculateur de GIR vous aide à situer le niveau d'autonomie, étape utile pour l'APA.

Enfin, retenez que l'ASH est un droit, pas une faveur : en cas de refus, des recours existent. Faites-vous accompagner par l'assistante sociale du CASVP, de l'hôpital ou de l'établissement. Un dossier bien préparé, déposé tôt, avec les bonnes pièces, est la meilleure garantie d'une prise en charge rapide et sécurisée.

En résumé : votre prochaine étape

Pour une famille parisienne, la marche à suivre est claire : identifier un établissement habilité à l'aide sociale, estimer le reste à charge, préparer le dossier et le déposer au CASVP de l'arrondissement sans tarder. Commencez par vérifier le statut d'habilitation des établissements dans l'annuaire, simulez le coût avec notre outil de reste à charge, puis, si vous cherchez une place pour un proche, appuyez-vous sur notre service trouver une place. Les montants et barèmes évoqués ici sont indicatifs et doivent être confirmés auprès du CASVP et du Département de Paris, seuls compétents pour votre dossier.

Bon à savoir : ces informations sont fournies à titre indicatif et peuvent évoluer. Elles ne remplacent pas un avis médical, social ou administratif. Vérifiez toujours les informations auprès des organismes officiels et des prestataires concernés.

Questions fréquentes

Qui dépose le dossier d'ASH à Paris ?

Le dossier se dépose auprès du Centre d'action sociale de la Ville de Paris (CASVP), via la section de l'arrondissement de résidence de la personne âgée (ou du CCAS de son dernier domicile). L'établissement ou l'assistante sociale peut aider à le constituer. Après instruction, le Département de Paris décide de l'attribution.

Quel reste à charge avec une retraite de 1 200 € à Paris ?

Avec l'ASH, la personne reverse environ 90 % de ses revenus à l'établissement, soit environ 1 080 € pour 1 200 € de retraite (chiffre indicatif). Il lui reste environ 120 € d'argent de poche par mois. Le département prend en charge la différence avec le tarif hébergement de l'établissement habilité. Les proches peuvent être sollicités au titre de l'obligation alimentaire.

Les enfants doivent-ils payer avec l'ASH ?

Oui, l'ASH tient compte de l'obligation alimentaire : enfants et petits-enfants peuvent être appelés à contribuer selon leurs ressources. Le montant est fixé par le département (ou le juge en cas de désaccord). Chaque situation est examinée au cas par cas, ce n'est pas automatique ni uniforme.

Tous les EHPAD parisiens acceptent-ils l'aide sociale ?

Non. Seuls les établissements habilités à l'aide sociale ouvrent droit à l'ASH, en totalité ou pour un nombre limité de places. Il s'agit souvent d'EHPAD publics ou associatifs. Vérifiez systématiquement ce statut dans l'annuaire ou auprès de l'établissement avant toute entrée.

L'ASH est-elle récupérable sur la succession ?

Oui. Les sommes versées au titre de l'ASH sont récupérables sur la succession du bénéficiaire, et dans certains cas sur donation ou retour à meilleure fortune. C'est une différence majeure avec l'APA, qui n'est pas récupérable. Il est prudent d'anticiper ce point en famille.

Peut-on cumuler l'ASH avec l'APA et l'APL ?

Oui. L'APA en établissement couvre une partie du tarif dépendance, les APL/ALS allègent le tarif hébergement, et l'ASH complète si les ressources restantes et l'obligation alimentaire ne suffisent pas. Ces aides se combinent, chacune ayant ses propres conditions à vérifier.

Combien de temps pour obtenir une réponse du CASVP ?

Les délais varient selon les dossiers. Il faut compter plusieurs semaines à quelques mois d'instruction. L'aide peut toutefois être accordée avec effet rétroactif à la date d'entrée dans l'établissement si le dossier est déposé dans les délais prévus (généralement 2 mois). Déposez le dossier le plus tôt possible.

Que faire si la demande d'ASH est refusée ?

Un refus peut être contesté. Vous pouvez demander un recours amiable auprès du département, puis saisir le tribunal administratif compétent. Faites-vous accompagner par l'assistante sociale de l'établissement ou du CASVP, et vérifiez les motifs du refus (ressources, établissement non habilité, pièces manquantes).

Sources

Ressources utiles

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